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Rigobert Song : « le CHAN est une vitrine pour les joueurs locaux »

Rigobert Song : « le CHAN est une vitrine pour les joueurs locaux »

A la tête de l’équipe locale du Cameroun au Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) en 2018, Rigobert Song suit la compétition cette année dans son pays. L’ancien défenseur vedette des Lions Indomptables évalue l’apport de ce tournoi dans le football local africain.

Vous étiez présent à la précédente édition de ce tournoi en tant que sélectionneur du Cameroun. Quels souvenirs gardez-vous ?

Un souvenir mitigé. C’était ma première expérience en tant que sélectionneur à une compétition majeure. L’apprentissage n’a pas été facile. Mais je ne regrette rien. Même pas mes choix. Avant d’y aller, tout le monde était unanime sur le fait que j’ai choisi les meilleurs joueurs de notre championnat. Ça n’a pas marché et cela peut arriver même aux meilleures équipes du monde. Même si on n’a pas passé le premier tour, j’ai énormément appris.

Comment avez-vous trouvé le niveau des joueurs des différentes équipes ?

Le niveau n’était pas mauvais. Il était même bon. Même si je pense toujours qu’on peut mieux faire. Ce tournoi reflète généralement le niveau de nos différents championnats. Donc pas trop de surprise à ce niveau.

Voir aujourd’hui que les footballeurs des championnats africains ont leur compétition continentale, qu’est-ce que ça représente ?

C’est une énorme vitrine pour les joueurs locaux. Vous savez aujourd’hui les pays africains veulent tous gagner la CAN et pour ce faire les pays sélectionnent leurs meilleurs éléments qui sont en majorité les joueurs évoluant dans des championnats européens. Du coup, pas trop de place pour les footballeurs qui évoluent sur notre continent. Parfois c’est à tort.

Alors le CHAN vient donner une fenêtre d’exposition à ces footballeurs qui jouent chez nous et qui leur permettra peut-être de pouvoir se faire repérer et qui sait, s’exiler par la même occasion. Le CHAN doit être également vu comme une invite et une opportunité à améliorer les conditions dans lesquelles évoluent les footballeurs au niveau local.

Recréer un écosystème qui permette à des jeunes de ne pas aller vers des destinations exotiques pour compromettre des carrières prometteuses, mais s’assurer d’une maturation au niveau local avant une expatriation. L’amélioration de la condition du footballeur local sur tous les plans doit être également une préoccupation en marge du CHAN.

Selon vous, qu’est-ce que le Chan apporte au football local africain ?

Pour moi, le CHAN est plateforme supplémentaire pour exposer aux yeux du monde tous les talents dont regorge l’Afrique. Cette compétition doit contribuer a booster nos championnats locaux et en améliorer la structuration. Il est important de procéder à l’évaluation d’initiatives comme les licences de clubs et leur impact sur le niveau des championnats et la condition des footballeurs locaux.

Est-on en droit d’espérer autre chose ?

On peut espérer que cette compétition prenne plus d’ampleur et qu’elle devienne le deuxième plus grand rendez-vous footballistique d’Afrique.

Y-a-t-ii des choses à améliorer dans le cadre de ce tournoi ?

Comme je le suggère plus haut, au-delà du CHAN il faut évaluer ce qui est fait pour l’amélioration de la qualité des championnats nationaux qui sont le vivier du CHAN. Cette compétition est encore jeune mais n’a eu de cesse de prendre de l’ampleur depuis la première édition en 2009. L’intérêt des sponsors, un engouement populaire plus conséquent devraient lui permettre de prendre une autre envergure.

Le CHAN a également été une plateforme pour le développement de pays qui avaient peu voix au chapitre quand il s’agissait de la CAN et qui, après avoir fait leurs classes au niveau du CHAN, se sont retrouvés à se qualifier pour la CAN. C’est le cas de l’Ouganda, du Burundi ou de la Mauritanie. C’est donc une compétition qui contribue certainement au développe; ment du football sur le continent et à décomplexer les « petits pays » footballistiquement parlant.