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Violences policières sur les avocats : deux avocats entendus à la police judiciaire à Douala

Violences policières sur les avocats : deux avocats entendus à la police judiciaire à Douala

Ils sont accusés d’outrage à magistrat, destruction, troubles d’un service public relatifs aux rixes du 10 novembre 2020 au TPI de Douala-Bonanjo.

Maîtres Richard Tamfu et Armel Tcheumegne ont été entendus le 18 novembre 2020 à la Division régionale de la police judiciaire du Littoral (Drpjl) à Bonanjo, Douala. Ils sont accusés d’après leurs confrères, d’outrage à magistrat, destruction, troubles d’un service public relatifs aux rixes entre policiers et avocats le 10 novembre dernier au Tribunal de première instance (TPI) de Douala-Bonanjo.

L’audition de ces deux avocats à la police judiciaire est un rebondissement dans l’affrontement entre policiers et avocats au cours duquel des avocats ont été gazés et violemment tabassés par des policiers. Au terme d’une assemblée extraordinaire le 14 novembre dernier, l’Ordre des avocats du Cameroun a exigé l’ouverture d’une enquête suivie des sanctions contre les auteurs de ces violences contre ses membres. D’après des avocats, une nouvelle mobilisation contre l’audition de leurs deux confrères est prévue. Une déclaration à la presse du bâtonnier par intérim, Me Claire Atangana Bikouna, est prévue, apprend-on, ce 19 novembre 2020 à Yaoundé.

Rappelons que le 10 novembre dernier, des policiers s’étaient introduits dans la salle d’audience du TPI de Bonanjo et avaient tabassé des avocats qui protestaient contre la décision du juge ordonnant le retour en garde en vue de deux de leurs confrères à la prison centrale de Douala. Une centaine d’avocats s’étaient mobilisés pour solliciter la mise en liberté provisoire de leurs deux confrères après que le juge a mis le dossier en délibéré le 25 Novembre 2020.

Les deux avocats étaient les conseils d’un client qui risquait une peine d’emprisonnement de 18 ans. Ce dernier leur aurait remis 3 millions de FCFA pour négocier avec la juge pour son élargissement. Mais il est finalement condamné à 18 mois de prison ferme. Courroucés, les proches du prévenu réclament alors le remboursement de leur sous à leurs conseils qui accusent le juge d e l’avoir perçu. Une accusation rejetée par la juge qui saisit la police judiciaire. Et après enquête, les deux avocats sont placés en détention provisoire à la prison centrale de Douala pour outrage à magistrat, tentative de corruption et escroquerie.