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Vaccination forcée : les élèves désertent les établissements du MOUNGO

Vaccination forcée : les élèves désertent les établissements du MOUNGO

On assiste à des scènes toutes particulières dans le département du Moungo depuis mardi dernier, 24 novembre 2020. Alors que les agents vaccinateurs arrivent dans les établissements scolaires, les élèves prennent la fuite et les parents se mobilisent pour s’opposer.

C’est la débandade dans les établissements scolaires dans le département du Moungo. Plusieurs écoles et lycées ont vu leurs élèves sortir des salles de classe. Ils fuient les agents vaccinateurs qui sillonnent le département et la région pour procéder à différentes vaccinations sur la population. Les scènes de fuites se sont plus fait remarqués dans les localités de Kompina et Babenga. L’arrivée des équipes de vaccination dans les établissements scolaires a créé un vent de panique, suscitant une grosse mobilisation des parents qui s’opposent à la vaccination de leurs enfants. Depuis quelques mois, les campagnes de vaccination sont une pilule difficile à avaler pour des familles au Cameroun. « La montée des lobbies anti vaccination, l’amplification de certaines considérations religieuses et la survenue de la pandémie du coronavirus, sont à l’origine des suspicions autour des vaccins » avait expliqué le Ministre de la santé publique, la semaine dernière, lors d’une séance plénière à l’Assemblée nationale à Yaoundé sur la problématique des vaccins au Cameroun. Dr Manaouda Malachie révélait par ailleurs que depuis le début de l’année 2020, l’on note une forte baisse de couverture vaccinale, avec seulement 3 enfants sur 10 qui sont vaccinés.

De plus, il faut reconnaître que les stratégies usitées par le gouvernement ne rassurent pas. Dans un environnement où des suspicions existent au sujet des vaccinations qui circulent en Afrique et où des tests sont effectuées sur les populations à leur insu, les hautes autorités de la santé du Cameroun auraient dû penser une autre technique d’approche pour procéder à ces vaccinations. Des méthodes plus incitatives. Au lieu de procéder par la menace et l’intimidation des populations comme ce que nous observons ces jours-ci sur le terrain. D’un autre côté, le ministère de la santé ne communique pas efficacement pour rassurer les camerounais sur le fait que les multiples vaccins donnés aux enfants contre la polio (près de 6 doses en l’espace de 5 ans), ne peuvent pas avoir d’effet néfaste sur la santé de ces derniers, à moins que ce soit le contraire. De toute évidence, il y a trop de vaccins en circulation aujourd’hui au Cameroun sans qu’on ne comprenne véritablement pourquoi. Entre les vaccins obligatoires à la naissance des enfants, les vaccins obligatoires dès l’âge de 02 ans et ceux qu’on vient administrer de force aux petites filles de 09 ans dans les écoles, il y a de quoi se poser des questions.

Stéphane NZESSEU