Societe

un chef traditionnel accusé de pratique de sorcellerie sur ses enfants

un chef traditionnel accusé de pratique de sorcellerie sur ses enfants

Son ex-épouse l’a traduit en justice pour avoir fait porter les amulettes autour des reins de leurs enfants. Le mis en cause a donné sa version des faits devant le Tribunal de grande instance du Mfoundi.

Mensonge ! mensonge ! il ment, tu mens, murmure sans cesse Linda, assise derrière le box de témoin dans lequel se tient son ancien époux Mayer. Ce dernier est venu se défendre des charges qui pèsent contre lui devant la barre du Tribunal de grande instance (TGI) du Mfoundi le lundi 15 février 2021. Le mis en cause est accusé de pratique de sorcellerie sur les six enfants nés pendant les 13 ans qu’a duré le mariage avec son ancienne compagne.

Pour sa défense, Mayer a expliqué que le port des amulettes est une pratique traditionnelle identitaire de la culture des ressortissants de la région du Sud-ouest du Cameroun. Selon lui, ces bijoux constituent une forme de protection contre-les envoûtements divers, posent lors des pratiques rituelles au décès d’un chef traditionnel. Il raconte appartenir à une famille royale dont il est l’héritier.

Il a fait savoir au cours de son témoignage qu’il portait les mêmes amulettes qualifiées par son ex-épouse de pratique de sorcellerie. Il a également présenté une des (trois) bagues qu’il portait sur son annulaire en expliquant qu’elle lui ’ conférait le statut d’autorité traditionnelle qu’il incarne et dont il l’a hérité de son feu père. Il soutient en outre que le port des amulettes.relève d’une exigence coutumière qui ne souffre d’aucune ambiguïté.

Pour sa part, le représentant du parquet a estimé que les déclarations de Moyer n’étaient pas convaincantes. Il pense que les arguments développés par l’accusé n’ont aucun lien avec le procès étant donné qu’ils relèvent de secrets traditionnels qui ne devraient pas être étalés devant la barre. Le magistrat du parquet affirme que Mayer n’avait pas le droit de faire porter ces amulettes aux enfants sans le consentement de leur maman. Il ajoute également que l’accusé est poursuivi pour le refus d’exécution d’une décision de justice, en s’opposant au droit de visite qui avait été accordé à la mère de ses enfants sans oublier les infractions de menace simple et menace sous condition exercé contre son fils ainé.

Seulement, l’accusé qui était régulièrement interrompu par son ex-épouse n’est pas allé au bout de son témoignage. Le tribunal exige la présence de son fils ainé dans la suite des débats prévus le 16 mars 2021.