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Rentrée scolaire : les Apee font polémique

Rentrée scolaire : les Apee font polémique

Le coup d’envoi vient de Yaoundé. Faut? de pouvoir s’accorder, le proviseur d’un lycée de cette ville fait percevoir les frais de scolarité par l’intendant; et le sous-préfet met un terme au mandat du bureau des parents.

Dans une note prise ce 16 septembre 2020, le sous-préfet de Yaoundé 3ème a signé une décision «constatant la fin du mandat du bureau sortant de l’Association des parents d’élèves et d’enseignants (Apee) du lycée d’Efoulan», depuis le 31 août 2020. Autorisant l’intendant dudit lycée à percevoir et sécuriser les frais dédiés à cette rubrique. Alors que jusqu’ici, le 1er septembre 2020, c’est ce responsable qui perçoit ces frais, sans base juridique, ni administrative. La date de fin du mandat mentionnée par le sous-préfet Serge Hervé Biwele est justement celle de la tenue de .l’assemblée générale de ce bureau. Manifestation interdite par le patron de la territoriale dans le 3ème arrondissement de la capitale, selon des sources concordantes.

En effet, c’est la suite d’une bataille autour du contrôle des frais d’Apee depuis quelques mois, et qui s’est exacerbée avec l’imminence de la rentrée scolaire 2020-2021. Une guerre ouverte entre l’administration du lycée et le bureau de l’Apee, avec des acteurs de second plan désormais en action dans l’arène, comme le sous-préfet. «Nous avons annoncé l’Assemblée générale de l’Apee en prélude à la rentrée scolaire pour le 31 Juillet, et le sous-préfet l’a interdite sans motif. Pendant que nous attendions, les inscriptions ont commencé et c’est Mme l’intendant qui les percevait», dénonce un membre du bureau de l’Apee. Précisant que «le mandat du bureau était encore valide».

A quelques jours de la rentrée scolaire. Or la coutume veut que les frais de scolarité et les frais d’Apee soient perçus au cours des mêmes opérations.’«En début de chaque année, le Conseil de rétablissement se tient et fait l’état des besoins de l’établissement pour la nouvelle année ; on fait alors le budget en fonction de ces besoins. Une fois que c’est fait, la trésorière de l’Apee collecte les frais aux côtés de l’intendant, et lesdits frais sont reversés dans le compte de l’Apee qui est géré selon des règles bien établis, avec le concours du Coijseil d’établissement et l’administration du lycée», indique Cyrille Akono, un ancien trésorier du bureau de l’Apee du même lycée.

Soupçons de malversations

Les préalables n’ont pas eu lieu. Du coup, les inscriptions ont été lancées. L’intendant du lycée d’Efoulan a été commis pour collecter les frais d’Apee en lieu et place du trésorier de l’Apee. «Le président du Conseil d’établissement a donné son quitus pour que Mme l’intendant perçoive les frais d’Apee, sans s’être accordé avec le bureau de l’Apee», dénonce Cyrille Akono. Ce que confirme en d’autres termes Théophile Likeng, le président dudit bureau de l’Apee.

«Nous avons été surpris de constater que les inscriptions se fassent sans la participation du bureau de l’Apee. Le bureau avait prévu de baisser les frais d’Apee et il était question que l’Assemblée générale valide, mais on n’en a pas eu l’occasion et ils ont engagé les inscriptions, en percevant les frais d’Apee», corrobore-t-il. Ajoutant que «ils perçoivent 19000F alors que l’année dernière les frais d’Apee étaient de 18000F. Or le ministre a demandé de ne pas augmenter ces frais».

Dans une note annonçant le début des inscriptions, le proviseur indique que 1000F supplémentaire représente les frais de l’Excellence scolaire. «On n’a pas organisé cette cérémonie l’année dernière, à cause du Covid-19, et l’Apee pensait qu’il fallait utiliser cet argent à d’autres fins, mais Mme le proviseur a récupéré», dénonce le président de l’Apee. Au lycée d’Efoulan ce 10 septembre 2020, des responsables sont présents, et s’affairent à préparer une reunion que présidera Mme Ebe Evina, le proviseur.

Parmi les invités, le président du Conseil d’établissement, le sénateur Essomba Tsoungui. Nu! ne peut recevoir le reporter Les inscriptions se poursuivent sans le bureau de l’Apee. Le chef d’établissement ne peut recevoir le reporter. Jointe au téléphone plus tard, Mme le proviseur, nie connaître un quelconque problème dans le fonctionnement du lycée ; «je ne suis vas au Courant qu’il y a un conflit dans le fonctionnement de rétablissement que je dirige. Ce qui me préoccupe c’est l’encadrement des petits Camerounais placés . .sous mon encadrement», réagit-elle.

«Je ne suis pas dans les conflits. Je suis dans la pédagogie et si vous voulez les résultats dés examens officiels de l’année dernière. je pourrais vous dire que j’ai eu 80% au Bepc et 65% au bac.- Avant de renvoyer le reporter vers la «hiérarchie qui va vous donner des explications. Je suis là pour l’encadrement des élèves qu’on a mis à ma disposition». Se révoltant : «quand ça va bien, je ne vous vois pas». Rien à se mettre sous la dent en ce qui concerne la mise à l’écart du bureau de l’Apee. Lequel bureau réclame le rapport de gestion de l’argent mis à la disposition de l’administration du lycée année dernière. Le dossier a été porté à l’attention des autorités administratives et du ministre des Enseignements secondaires En attendant, le sous-préfet a mis hors-jeu le bureau de l’Apee.