Societe

Nuisances sonores : Obili, l'enfer du bruit

Nuisances sonores : Obili, l'enfer du bruit

Animation des snacks bars et débits de boissons, louanges dans les églises et lieux de prières rythment le quotidien déjà difficile des habitants de ce quartier populaire de la ville de Yaoundé.

Chapelle Obili. Ici, snacks bars, églises, habitations, établissements commerciaux et scolaires se côtoient. Dans ce secteur du quartier situé dans le troisième arrondissement de la ville de Yaoundé, les habitants sont confrontés de manière quotidienne aux nuisances sonores. A la paroisse Sainte Anne d’Obili, les louanges des fidèles chrétiens sont noyées dans les musiques mondaines diffusées par le Dj du Combi, snack bar situé en face de cette église catholique.

Non loin de là, les bayam-sellam, installées en bordures de routes dictent leur loi. A cet endroit, impossible de recevoir un coup de fil avec en arrière-fond le tintamarre provoqué par les cris de ces vendeurs à la triée, les campagnes promotionnelles, agrémenté par le concert des klaxons. Dans cette cacophonie, les églises de réveil jouent leur partition. Emettant à des heures très tardives à travers des invocations, des cris, des hurlements de toutes sortes, elles animent avec des appareils amplifiés à outrance, le quotidien amer des voisins, malheureusement confrontés au sacrilège de profanation d’une maison du Seigneur.

A cela, il faut y ajouter le tapage des bars et débits de boissons qui foisonnent dans tous les coins et recoins de ce quartier. Ces fauteurs de troubles où se déroulent la plupart du temps des scènes macabres, constituées de bagarres, sont situés à proximité des écoles primaires. S’érigeant en modèle pour les enfants qui copient injures et autres actes de débauche proclamés par ceux qui fréquentent ces lieux malsains. Un véritable calvaire pour les habitants de ce quartier.

« Il arrive que je ne dorme pas bien à cause d’une bagarre qui oppose deux individus insensés. En effet lors de leurs échanges, ils manquent leurs cibles et se servent de ma toiture comme une cible improvisée. Ce qui m’empêche de bien dormir car soucieux de toujours me réveiller pour jeter un coup d’œil par la fenêtre, si un de ces insensés n’a pas confondu de destinataire de projectiles », explique Henry Songa.

Pour couronner le tout, les industries de ramassage d’ordures ménagères, source de bruits assourdissants cohabitent avec les populations. Ces engins qui génèrent des bruits ineffables, exposent les tympans des usagers et des habitants à la merci d’éventuelles détériorations et, pis encore, offrant leur cerveau en pâture à de possibles dégénérescences sources de dysfonctionnements.