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Nuisances sonores : la sourde oreille des autorités

Nuisances sonores : la sourde oreille des autorités

L’impunité observée dans le cadre de la protection de l’atmosphère contre les pollutions sonores accentue le phénomène au grand-dame des populations.

Les plaintes du voisinage contre des bars, ou encore des églises dites de réveil, pour des faits de nuisances sonores ou tapages nocturnes sont devenues légion au Cameroun. L’envolée des décibels en provenance des lieux de réjouissance ou des temples de prière s’entremêlent, offrant de ce fait un spectacle auditif des plus assourdissants.

« Comment pouvez-vous dormir la nuit, quand à deux heures du matin vous entendez les gens crier à tue-tête appelant le non du Seigneur pendant des heures ? Parfois ce sont des bars et autres cabarets qui ne vous laissent pas fermer l’œil. Ne parlons même pas des discothèques ambulantes qui vous effraient parfois au passage », s’indigne un habitant de la ville de Yaoundé qui ne sait visiblement plus à quel saint se vouer. C’est à croire que rien n’est fait pour essayer d’encadrer le phénomène qui prend des proportions inquiétantes.

« Plus d’une fois, nous avons déposé une plainte auprès du chef du quartier et même au niveau de la sous préfecture contre un bar qui joue la musique jusqu ’à 4heures du matin. Mais rien n ’a été fait. On dirait que nous sommes condamnés à vivre cette situation toute notre vie», s’offusque Martin Belinga, habitant du quartier Mvog-Ada à Yaoundé.

Pourtant, la réglementation régissant l’activité des bars, snack bars et autres Eglises dites de réveil est clairement fixée par des arrêtés préfectoraux des zones concernées. Malheureusement, ces différentes mesures ne sont presque jamais respectées par les usagers, mais aussi par les agents des forces de maintien de l’ordre accusés pour la plupart de se contenter de quelques billets de banque au détriment des plaintes formulées par les populations.

Pourtant, trois textes législatifs et réglementaires permettent au Cameroun de se situer sur le sujet. La loi N°96 /12 du 5 août 1996 relative à la gestion de l’environnement, la loi N°2004/003 du 21 avril 2004, régissant l’urbanisme au Cameroun et fe décret N°2011/2’583/PM du 23 Août 2011.

Dans la section consacrée aux nuisances sonores et olfactives, de la loi N°96 /12 du 5 août 1996, portant gestion de l’environnement d’autre part, il est indiqué à l’article 60, alinéas 1, que les bruits et odeurs susceptibles de nuire à la santé de l’homme, de constituer une gêne excessive pour le voisinage ou de porter atteinte à l’environnement sont interdits.

L’alinéa 2 poursuit : « les personnes à l’origine de ces émissions doivent prendre toutes les dispositions nécessaires pour les supprimer, les prévenir ou en limiter la propagation, sans nécessité ou par manque de précaution ». Autant de dispositions qui ne sont malheureusement pas respectées. Ce qui sur le plan légal, devrait engendrer des sanctions prises par les communes du ressort géographique concerné, mais aussi sur le plan pénal.