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Nuisances sonores : la loi foulée au pied

Nuisances sonores : la loi foulée au pied

Ils jouent des musiques tonitruantes aux heures indues, perturbant le voisinage. Celui-ci ignore que les textes législatifs camerounais punissent les auteurs de cet acte.

Les nuisances sonores sont l’origine de nombreux litiges entre voisins. Elles peuvent intervenir en journée ou la nuit. Pourtant, la musique adoucit les mœurs dit-on très souvent. Mais, dans la ville de Yaoundé, « la musique nuit plutôt la tranquillité des gens. Tu ne peux pas te reposer chez toi en paix. C’est ton voisin qui met la musique et hausse tout le volume comme s’il était seul dans le quartier », raconte Roger Nana, résidant au quartier Ngousso.

Roger n’est pas la seule victime de cette nuisance sonore. Louis, un autre habitant dudit quartier, affirme ressentir des douleurs au niveau du cœur. « Mon mal a débuté après que je me suis réveillé brusquement, et dans la peur à cause d’une de ces sales musiques qu’il nous fait écouter obligatoirement la nuit jusqu’au petit matin.» Même les bistrots, bars et autres grandes surfaces s’y mêlent. Ils causent un tintamarre à longueur de journée, sans oublier les motos taxis de la capitale qui sont elles aussi entrées dans la danse.

Pour certains, «la liberté des uns s’arrête là ou celle des autres commence». Seulement, ils ignorent à qui s’adresser. «Quand tu parles au chef du quartier, il te dit qu’il ne peut rien faire. Que chacun est libre quand il est chez lui. En dehors du chef, à qui d’autre pouvons-nous nous adresser ? Je ne pense pas que la police puisse réagir parce que c’est trop », poursuit-il.

Pourtant, ils peuvent saisir les autorités judicaires pour nuisance sonore. En son article 60, la loi du 05 août 1996 relative à la gestion de l’environnement au Cameroun dispose dans l’alinéa 1 que « toute émission des bruit et d’odeurs susceptibles de nuire à la santé de l’homme, de constituer une gêne excessive pour le voisinage ou de porter atteinte à l’environnement ; aussi les personnes à l’origine,de ces émissions, doivent prendre toutes les dispositions nécessaires pour les supprimer »

L’alinéa 2 dispose quant à lui qu’elles doivent « les prévenir ou en limiter la propagation dans la nécessité ou par manque de précaution et lorsque l’urgence le justifie » ; à l’alinea 3, il est demandé aux communes de « prendre toutes mesures exécutoires destinées d’office à faire cesser le trouble. En cas de nécessité, elles peuvent requérir le concours de la force publique ».

De même, d’après un législateur, le Code penal camerounais dispose en son article 261, qu’« est punis d’un emprisonnement de 15 jours à 6 mois et d’une amende de 5000 à 1 million de francs, ou de l’une de ces deux peines seulement, celui qui par ses activités, pollue une eau potable susceptible d’être utilisée par autrui, pollue l’atmosphère au point de rendre nuisible à la santé publique ».