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Native Baptist Church Cameroon : un démon sous l'autel

Native Baptist Church Cameroon : un démon sous l'autel

C’est du moins l’image qui colle mieux avec le triste feuilleton qui est visionné aujourd’hui par les fidèles chrétiens de cette congrégation religieuse depuis un bon bout de temps.

Il s’agit en effet d’une affaire qui oppose le président général, Révérend Pasteur Job Salomon Nsoga, et la presque totalité des chrétiens avec en leur tête les anciens d’église Joseph-Ferdinand Koffi et Dipoko Kwedi, respectivement Inspecteur

général et Trésorier, qui selon les informations, «ont tenté le tout pour le tout pour ramener le président à l’ordre sans y parvenir».

A en croire plusieurs témoignages, «tout est parti de la gestion administrative, du Rév. Nsoga avec des irrégularités constatées. Notamment la gestion financière et la violation de certains dispositifs règlementaires de la NBC. Nous /’avons saisi et attendu sans suite qu’il revoit ses manières et sa façon de travailler sans suite. Il est resté dans son coin et n’a donné aucune possibilité pour rectifier le tir et faire avancer le travail», nous explique un chrétien qui connait bien le dossier.

Dans notre enquête, l’on nous fait savoir que la machine administrative «était devenue tellement grippée au point où incapables d’assumer leurs fonctions et sous la menace d’être excommunier, les deux plaignants, Joseph-Ferdinand Koffi et Dipoko Kwedi vont démissionner de leurs fonctions et l’affaire est portée pour statuer sur les mises prises à la conférence générale de Garoua qui s’est tenue les 24 et 27 janvier 2019 », nous explique-t-on.

Le 27 juillet2020, le Tribunal de grande instance du Wouri, va débouter le Rév. Nsoga en «invalidant toutes les résolutions prises lors de la conférence de Garoua lesquelles notamment sur l’adoption de nouveaux textes de la NBC à savoir la constitution et le règlement intérieur, le remplacement des responsables décédés et démissionnaires, la consécration de nouveaux pasteurs et bien d’autres », nous révèle une source à la NBC.

Le Tribunal est saisi de nouveau par cette fois-ci par Joseph-Ferdinand Koffi et Dipoko Kwedi contre le Rév Nsoga et en date du 19 octobre, au terme d’un procès, la chambre correctionnelle du Tribunal de première instance de Bonanjo déclare «le Rév Dr Nsoga, coupable d’abus de confiance, le condamne à 06 d’emprisonnement avec un sursis à la peine d’emprisonnement pendant un délai de 05 ans et à partir de cet instant donc, il tombe sous le coup de l’exclusion selon les articles 89 et 182 de nos textes», explique un cadre de l’église qui nous explique d’ailleurs que «le révérend Nsoga n’est plus de plus de bonne moralité et ne peut plus être Président général de la NBC.

En effet l’article 89 dispose entre autres que pour être éligible aux postes de président général, de vice-président ou de secrétaire général, il faut jouir d’une bonne moralité, c’est-à-dire, être honnête, conscient de ses actes, faire preuve de respect de la probité, avoir le mérite, être attaché au devoir de justice et de morale», et revenant sur l’article 182 et son alinéa 1 :

«Le Président Général, le Vice-président ou le Secrétaire Général qui, pour cause postérieure à son élection, ne remplit plus les conditions pour être Président Général, le Vice-président ou le Secrétaire Général, ou qui se trouve dans un cas d’incompatibilité (Cf article 89 du présent Règlement intérieur), doit cesser immédiatement ses fonctions»

Pour les uns et les autres, la messe est dite pour l’actuel président général qui «refuse de se soumettre aux exigences des textes applicables à tous». Il faut bien le préciser, il ressort des sources judiciaires que ce dernier n’a pas fait appel du jugement rendu Ie19 octobre 2020. Une information confirmée par ses proches et certains chrétiens qui nous ont fait lire le Certificat de non appel N°1014/CHRONO/COR .du 19 novembre 2020, où II est écrit : «Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard de toutes les parties, en matière correctionnelle et en premier ressort et après en avoir délibéré conformément à la Loi;

Déclare Job Salomon NSOGA non coupable de faux et usage de faux en écriture privée ou de commerce et d’usurpation de titre;

Le relaxe de ces chefs pour faits non établis;

Le déclare par contre coupable d’abus de confiance en application des dispositions des articles 74, 318 alinéa 1-b du code pénal;

Admet Job Salomon NSOGA au bénéfice des circonstances atténuantes en raison de sa qualité de délinquant primaire;

le condamne à 06 mois d’emprisonnement et à 100.000 Fcfa d’amende;

Dit qu’il sera sursis à sa peine d’emprisonnement pendant un délai de 05 ans;

Le condamne en outre aux dépens de 29.750 Fcfa;

Décerne contre lui mandat d’incarcération pour le recouvrement de la somme totale de 129.750 Fefa;

Fixe la durée de la contrainte par corps à 09 mois au cas où il y aurait lieu de l’exécuter;

Déclare KOFFI Joseph Ferdinand irrecevable en sa constitution de partie civile;

..Avise les parties du délai d’appel de 10 jours à compter du lendemain du. prononcé de la décision.

Lui indiquant eu égard à cette décision, qu’il est manifestement établi qu’il a violé ses engagements pastoraux, en leurs articles 3, 5 et 7»

Que dit le mis en cause ?

Rien en tout. Devant nous un mur de silence infranchissable. Nous avons tenté sans succès de le joindre. Quelques personnes à nous présenter comme ses proches ont dit n’avoir rien à nous fournir comme informations à propos de cette affaire.

Pour les plaignants, des «actions fortes seront engagées auprès des autorités de la région pour faire respecter les textes régissant cette association chrétienne.» Affaire à suivre.