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Meiganga : un enseignant incarcéré pour avoir publié ses ébats sexuels

Meiganga : un enseignant incarcéré pour avoir publié ses ébats sexuels

Amougou Nguélé en service au Cetic de Kombo-Laka est en prison depuis le 15 septembre dernier.

Florent Thibaut Amougou Nguélé est sous mandat de dépôt depuis le 15 septembre 2020. Enseignant au Cetic de Kombo Laka, il est accusé d’avoir publié un vidéo de ses ébats sexuels sur la toile avec une jeune dame Qbaya de Meiganga. Son affaire est actuellement en information judiciaire, renseigne une source, et lui-même, à la prison principale de Meiganga.

«Le monsieur avait fui sans prendre sa convocation. Un avis de recherche avait été émis et il avait été demandé au procureur un mandat d’amener. Le procureur a envoyé l’affaire en information Judiciaire et le magistrat qui était en train d’instruire a délivré une commission rogatoire. Donc, les recherches se faisaient tous azimuts dans sa circonscription et le commandant de brigade de son village a pris cet enseignant, l’a renvoyé à la Légion du Centre. Celle-ci l’a renvoyé à la Légion de l’Adamaoua qui l’a renvoyé à Meiganga. Nous croyons que ce monsieur est plus que jamais au tribunal de sa conscience, après avoir fini de faire le gros dos», renseigne une source bien introduite.

A Meiganga, commence la descente aux enfers de Florent Thibaut Amougou Nguélé. «Il aurait fait simple en demandant des excuses à la communauté Gbaya et à la dame. Il aurait quand même sauvé sa face en tant qu’enseignant. Ce d’autant qu’il enseigne dans cette communauté. Il ne faut pas oublier le fait qu’en pleine salle de classe, un élève pouvait lui balancer sa vidéo porno sur le visage», fait savoir une autre source proche de l’enquête.

Il faut le rappeler, l’affaire qui â défrayé la chronique depuis le 09 mars 2020 fait toujours l’objet de l’indignation de la communauté Gbaya. De fait, cet enseignant en service au Cetic de Kombo-Laka se trouve actuellement en prison pour avoir publié ses ébats sexuels sur la toile, le mettant en scène avec une jeune dame, Bernadette Aminatou, 23 ans environ. Une vidéo dans laquelle Florent Thibaut Amougou Nguélé se présente comme «un ewondo de Mbalmayo» et ne cache pas son plaisir de «goûter une bonne Gbaya de Meiganga».

L’actuel présumé innocent y prononce d’ailleurs des propos désobligeants qui laissent penser à une expédition punitive ou une campagne de dénigrement contre la communauté Gbaya. Morceaux choisis : «les bonnes filles du Nord» et les «Alhadji du Nord (qui) veulent manger seul».

Sacrilège

En sus, cette vidéo tournée le 08 mars 2020. à Meiganga, journée internationale de la femme, n’aurait peut-être pas heurté les sensibilités si les propos tenus exclusivement par le jeune homme n’étaient à caractère tri-baliste et discriminatoire. Suffisant donc pour que la famille de Bernadette Aminatou porte plainte pour «outrage aux mœurs et publications obscènes», des infractions respectivement punies par le code pénal camerounais dans ses articles 264 et 265.

«En tant qu’être humain, cet enseignant a fait la connaissance de la – jeune fille. Ils ont commencé à vivre leur relation, sans que cela ne fasse de bruit. Mais le 08 mars dernier, ils se sont retrouvés dans un bistrot de la ville de Meiganga. Ils y ont bu en toute convivialité et sont allés dans une chambre d’emprunt d’une amie à Aminatou. De fait, Amougou avait l’habitude de dormir dans la chambre de sa copine, sauf que ce logis était indisponible. Naturellement donc, ils ont commencé à s’amuser comme un homme et une femme.

Mais le 09 mars, vers 13 h, Aminatou a reçu des coups de fil de sa famille et même de ses amis, notamment un de ses oncles, l’informant l’avoir vue sur les réseaux sociaux dans une posture immorale. N’ayant pas un téléphone androïde, lorsqu’elle découvre la fameuse vidéo, elle tombe en syncope. En fait, sans se douter de rien, elle s’est rendue compte que son partenaire l’avait filmée en pleins ébats et publié sur les réseaux sociaux. Le lendemain, 10, mars, elle a déposé une plainte à la compagnie de gendarmerie de Meiganga», relate une source.

Au moment du dépôt de la plainte, la ligne de défense des porte-voix Gbaya, est toute simple. «Il s’agit non seulement des actes obscènes, mais les déclarations de cet enseignant sont Injurieuses. D’ailleurs, le lamido de Meiganga a clairement marqué sa désapprobation, tout comme la communauté Gbaya en général. Evidemment, l’argument valu est qu’il se serait agi de simples rapports sexuels qu’on aurait quelque peu trouvé cela normal. Mais de là à tenir des propos insultants et stigmatisants contre une tribu,.ce n’est pas tolérable», confiait un proche du lamido de Meiganga. Le plaisir de quelques minutes à huis-clos déchaîne ainsi des passions sociales à durée indéterminée.