Societe

Manifestations publiques : les populations de Maroua défient Paul Atanga Nji

Manifestations publiques : les populations de Maroua défient Paul Atanga Nji

Une marche contre les mauvaises conditions de vie est prévue pour le 29 novembre 2020 entre 14h et 16h à Kakataré.

La ville de Maroua, le chef-lieu de la région de l’Extrême-nord du Cameroun, pourrait être en ébullition dans les prochains jours. Et pour cause, les populations de la ville annoncent une marche contre les mauvaises conditions de vie. La marche est prévue pour le 29 novembre 2020 entre 14h et 16h à Kakataré.

L’itinéraire va en boucle du Carrefour Monts Mandara en passant par le lamidat de Maroua, le Carrefour de la poste et le Carrefour Artisanat, précise la correspondance datée du 20 novembre 2020 et adressée au sous-préfet de l’arrondissement de Maroua 2e.

Le Collectif citoyen contre les souffrances du peuple fait le constat selon lequel, on observe dans la région de l’Extrême-nord, « une grave détérioration de la qualité de vie et de terribles pertes en vies et biens qui suffisent pour caractériser l’angoisse et les souffrances des populations ».

Des infrastructures routières en piteux état

D’après Dr J.P Boutché, le porte-parole dudit collectif, les habitants de l’Extrême-nord, tous départements confondus, vivent la détresse au quotidien en raison des infrastructures routières et même sanitaires en piteux état.

Il convient également de relever que cette marche est annoncée au moment où le ministre de l’Administration territoriale a décidé d’interdire le Mouvement 10 millions de Nordistes. Une organisation apolitique initiée par Guibaï Gatama, et qui s’est donnée pour cheval de bataille de porter les problèmes que connaissent les populations de la zone septentrionale.

Pour le ministre de l’Administration territoriale le mouvement « 10 millions de Nordistes » est illégal. Puisqu’il n’a jamais été enregistré auprès des autorités. Joint par RFI, Paul Atanga Nji expliquait aussi que ses publications sont « erronées et dressent les Camerounais les uns contre les autres ». Une « imposture », dit-il, « dangereuse pour la cohésion nationale ».

Selon un chercheur, ce mouvement qui prenait de l’ampleur pourrait favoriser une levée de bouclier dans une zone où Paul Biya dispose d’une assise forte. « Le président camerounais préfère donc couper court à toute voix critique avant de perdre la main », ajoute-t-il.