Societe

Les facteurs qui conduisent à la disparition des langues maternelles

Les facteurs qui conduisent à la disparition des langues maternelles

L’influencé des langues officielles et des autres langues maternelles, les migrations et l’exode rural sont les causes de la disparition des langues camerounaises.

Selon l’Organisation des Nations unies (Onu) plus de 43% des 6700 langues parlées dans le monde sont menacées de disparition. En Afrique plus de la moitié des milliers de langues risquent de disparaitre avant la fin de ce siècle.

L’un des facteurs qui favorise la disparition des langues maternelles es’t l’influence des langues coloniales notamment le français et l’anglais qui sont des langues officielles et moyen de communication pour les personnes ressortissant de lieux divers et ne partageant pas la même langue maternelle. Les langues officielles sont des langues de communication interethnique et internationales enseignées à l’école, et donc sont beaucoup plus répandues dans la société.

De plus, de nombreux parents décident de ne pas enseigner et parler à leurs enfants la langue maternelle transmise de générations en générations car cela montre leur niveau social. « Les familles préfèrent dialoguer avec leurs enfants en français dès le bas âge, au lieu d’apprendre aux enfants la langue maternelle qui disparait progressivement » ; a dénoncé Henri Kasongo.

Des autres langues locales peuvent également être à l’origine de la disparition de nombreuses autres qui ont moins de locuteurs.

Inconsciemment, l’adoption d’une langue régionale peut être destructrice pour les autres existants dans la zone. Par le passé certains parents plus nombreux et plus nantis en terre et bétail et les commerçants ont imposé leur langue aux autres peuples et les répercussions peuvent être enregistrées aujourd’hui. Le cas de la partie septentrionale qui compte une centaine de langues qui sont sous la menace de la disparition, car peu parlées par les deux dernières générations.

L’expansion du Fufuldé, aujourd’hui langue la plus parlée au Cameroun avec environ 5 millions de locuteurs a causé l’endormissement des langues d’autres peuples de la région (Guiziga, Mofou, Kotoko). « La plupart de nos enfants qui se trouvent dans les centres urbains ont abandonné nos langues ou ne savent plus les parler au profit du Fulfuldé », regrette Assa Alim, ancien du village Koza (Extrême-nord).

Ainsi, l’exode rural et les migrations des personnes sont parmi les facteurs qui causent la disparition des langues maternelles car « la jeunesse « arrive dans les milieux urbains et commence à utiliser la langue d’étude comme langue de communication. La même situation est observée chez les descendants des personnes migrées vers d’autres continents. Leur parents se bornent à les familiariser aux langues de communication de leurs ancêtres », a dénoncé Mikel Djokou tout en rappelant que c’est le devoir de tous les parents d’apprendre soigneusement leur langue à leurs enfants.

Mais un problème se pose également quand les deux parents ne parlent pas la même langue. Dans le cas des mariages mixtes il est difficile pour un père de transmettre sa langue et parler en famille devient difficile. Certains enfants malgré les vacances passées au village ne s’en sortent pas. Face à cela, il faut trouver de nouveaux moyens de préservation des langues locales car le système de transmission traditionnel montre ses limites avec l’ouverture de la société au monde et à la technologie.