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Le Cameroun, un pays dangereux pour les journalistes ?

Le Cameroun, un pays dangereux pour les journalistes ?

En plus de Paul Chouta, d’autres journalistes comme Amadou Vamoulké croupissent à la prison de Kondengui, selon RSF.

Paul Chouta, détenu depuis le 28 mai 2019 à la prison centrale de Kondengui de Yaoundé, n’est pas le seul journaliste privé de liberté au Cameroun. Outre le célèbre lanceur d’alerte, d’autres hommes de médias croupissent dans les geôles.

Dans un article publié ce lundi sur son site internet, Reporters sans frontières (RSF) cite le cas d’Amadou Vamoulké. L’ancien directeur de la Cameroon Radio Television (CRTV) âgé de 71 ans, « est détenu depuis près de cinq ans sans avoir été jugé à la prison centrale de Kondengui où, tout comme à la prison principale de Yaoundé, le virus de la Covid-19 circule, sans qu’aucune mesure ne soit prise pour protéger sa santé fragile ».

RSF évoque également le cas du journaliste Emmanuel Mbombog Mbog Matip, arrêté en août 2020. Il est accusé de diffusion de fausses nouvelles et est également détenu à la prison de Kondengui de manière arbitraire. Alors que son placement en détention provisoire, fixé pour une durée initiale de six mois, s’est achevé le 7 mars dernier, le journaliste est toujours emprisonné.

Samuel Wazizi

Il faut rappeler que le journaliste camerounais Samuel Wazizi, arrêté en août 2019 est mort en détention. Présentateur de la chaîne de télévision régionale Chillen Media Television, il avait été arrêté le 2 août 2019 à Buea, chef-lieu de la région du Sud-Ouest, selon RSF. Il était accusé «d’avoir tenu sur sa chaîne des propos critiques à l’égard des autorités sur leur gestion de la crise dans les régions anglophones du Cameroun», ajoutait RSF dans son communiqué.

Au Cameroun, déplore RSF, les arrestations arbitraires de journalistes demeurent fréquentes et peuvent donner lieu à de longues périodes d’incarcération. Le Cameroun occupe la 134e place sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.