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Kidnapping d'enfants : le phénomène devient grandissant

Kidnapping d'enfants : le phénomène devient grandissant

Le phénomène de Kidnapping d’enfants s’accentue à Yaoundé. Une journée ne se passe plus sans que sur la toile, une image d’enfants portés disparus ne circule.

Presque chaque semaine, un rapt est rapporté dans les médias. Les forums ou groupes Watsapp et Facebook sont pris d’assaut des SOS des parents à la recherche de leurs progénitures. Des avis de recherche inondent les murs de maisons, d’églises, de bars, de boutiques et même des poteaux électriques. C’est le cas de la petite fille Audrey Mbida Zemg, âgée de 7 ans qui est recherchée depuis le 09 janvier 2021. L’autre cas est celui d’un autre enfant âgé de 6 ans, porté disparu au quartier Tam-tam à Yaoundé depuis, le 07 janvier 2021.

D’après ses parents, il est sorti aux environs de 6h30 minutes pour aller acheter du pain comme chaque matin avant d’aller à l’école. Jusqu’à ce jour, il est toujours introuvable. Christelle Ona, âgée de 13 ans, élève en classe de 4ème au lycée de Biyem-Assi, depuis plus d’un mois, est portée disparue. Sa mère indique qu’elle a quitté la maison pour l’école mais elle n’a plus jamais rejoint le domicile familial. Sa photo est visible dans tous les coins du quartier et carrefours. Au moins une vingtaine d’enfants ont été kidnappés à Yaoundé pendant les fetes de fin d’année, et en ce début d’année 2021.

Des inconnus sillonnent des écoles et des quartiers à la recherche des proies. La mère de Loïc se souvient encore comment son fils a échappé à un enlèvement. Elle raconte : «un vendredi du mois de décembre dernier, mon petit garçon a échappé à une tentative d’enlèvement. Au moment où j’arrive à l’école, je vois mon fils avec un inconnu qui soûlait le conduire sur sa moto.

Quand j’appelle mon fils, le monsieur fuit et démarre sa moto à toute vitesse. Ce n ‘est qu’après que mon fils me révèle que le tonton lui avait promis des yaourts dans une boulangerie s’il partait avec lui». Des cas pareils, il en existe au quotidien autour des établissements scolaires, dans des lieux de loisirs, aux environs des maisons et dans des quartiers.

Le 05 janvier 2021, Yannick Olinga a été appréhendé par les éléments du commissariat de sécurité publique de Nkolndongo. En effet, le jeune homme est accusé d’avoir enlevé des enfants pendant la période des fêtes de fin d’année à l’effet de se refaire une santé financière. Fort heureusement, il a été mis hors d’état de nuire. Car, ce jeune âgé d’une vingtaine d’années a été interpellé au quartier Anguissa dans la circonscription de Yaoundé 4. Sa technique consistait à enlever des enfants qu’il envisageait libérer après le paiement d’une rançon par les parents ou familles des victimes.

Le même jour, un autre enlèvement à Anguissa, cette fois, il s’agit d’un enfant de la rue qui a été kidnappé. «Les enfants de 3 à 5 ans qu ’on envoie faire des petites commissions à la boutique sont des cibles pour des personnes mal-intentionnées», indique le commissaire de sécurité publique de Nkolndongo. La plupart des kidnappings sont dus à la recherche du gain facile, des pratiques malsaines telles que la sorcellerie, le trafic des organes, la traite des enfants.

Au milieu d’une foule d’adolescents et d’adultes, une femme pleure à chaude larmes. Vêtue d’un kaba en tissu pagne, les babouches aux pieds, les cheveux tressés, elle est à la recherche de sa petite fille. Cette dernière n’a pas été retrouvée à la sortie des classes par sa mère. Après enquête, l’enfant a été enlevé par son géniteur. Car, ayant les problèmes avec la mère de l’enfant, celle-ci l’a interdit de voir, encore moins s’approcher de leur fille. Voilà une autre forme de kidnapping où les parents se disputent leur enfant et l’un décide de l’enlever pour vivre avec lui.

«Même les motos que nous prenons pour transporter nos enfants à l’école chaque matin et les reprendre chaque soir. Nous devrons faire attention. Car, je me souviens qu’un voisin avait une moto. Mon mari est allé le voir s’il pouvait souvent déposer les enfants à l’école contre 5000 f chaque fin du mois. Mais un jour, mon enfant n’est pas rentré à l heure prévue pour la sortie des classes, je ne me suis pas inquiété vu que même son moto-taximan n ’était pas encore là. C ’est deux jours après que mon fils a été retrouvé après Mbalmayo. Car, il avait été enlevé par son chauffeur motoman», explique maman Odile, parent.

La situation est telle qu’un forum sur Facebook a été créé. Ladite plate forme est baptisée « retrouvons nos enfants ». Du côté des forces de l’ordre, l’on conseille aux parents de faire preuve de grande vigilance.