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Insécurité en Rca : le Cameroun envahi à l'Est

Insécurité en Rca : le Cameroun envahi à l'Est

La crise politique en Centrafrique a transformé le visage de la ville frontalière de Garoua Boulai en presque trois semaines, plus de 4500 réfugiés, près de 150 soldats centrafricains fuyant des combats, 1600 camions cloués sur le corridor Douala-Bangui, précarité ambiante.

Les organisations humanitaires en poste dans l’arrondissement de Garoua Boulai ne vont plus souffler, elles qui, il y a à peine un mois, avaient engagé le processus de rapatriement volontaire de près de 1000 réfugiés centrafricains à partir des camps de Gado Badjere dans le Lom et Djerem et Lolo dans la Kadey. Un cahier d’un retour au pays natal qui s’est ouvert sans histoire.

Tout a subitement tourné au vinaigre avec la mise à mal des élections présidentielles par la coalition des groupes armés soutenue par l’ex président François Bozizé. Une secousse qui a amené les autorités camerounaises à fermer la frontière, longue de près de 160 km avec la République centrafricaine. Cette décision n’a.pas empêché l’arrivée des milliers de réfugiés en territoire camerounais, eux qui espéraient bénéficier d’une paix dans leur pays après les évènements de 2014.

A ce jour, la déferlante se poursuit à pied à travers des pistes de brousse, tout moyen étant bon pour rallier le Cameroun. Les humanitaires sous l’encadrement du Hcr sont à nouveau mobilisés. Un afflux de réfugiés à près de 4500 ajoutés au 25000 déjà présents dans le camp de Gado Badjere à quelques encablures de Garoua Boulai. Parmi ces réfugiés, il y a des chinois, 150 au total, des opérateurs économiques selon le Minât qui leur remettait couvertures, matelas et produits alimentaires, un don de Paul Biya.

Le Gouverneur de l’Est a aussi précisé l’entrée à Garoua boulai de près de 150 soldats centrafricain^ fuyant la guerre, lesquels sont sous bonne garde par des forces camerounaises. Difficile pour ces humanitaires dont le Haut-Commissariat aux réfugiés se plaignait déjà de la baisse des revenus à près de 50%.Garoua Boulai ne vit pas que l’épreuve des réfugiés, avec la fermeture de la frontière, plus de 1600 camions sont garés le long du corridor Douala-Bangui. Si le plus grand nombre se retrouve à Garoua boulai, d’autres ont préférés stationner à Bertoua au niveau de Bonis et de Manjou.

«Voici deux semaines que je suis ici à la frontière, je n’ai plus d’argent pour me loger ni pour manger», explique Yaouba, transporteur de ciment à destination de Bossangoua. «j’ai un conteneur de poisson, ça commence à se gâter, Je ne sais comment faire»., ajoute son collègue camerounais.

La situation est délicate pour tous ces camionneurs qui évaluent leur manque à gagner à plusieurs centaines de millions. Paul Atanga Nji le Ministre de l’administration territoriale en visite à Garoua boulai s’est dit préoccupé par cette situation.En début de semaine, c’est le Premier Ministre centrafricain qui envisageait à Bangui l’éventualité d’une reprise du trafic avec escorte possible des camions par la Minusca.

Quant à la réouverture de la frontière, l’idée ne circule pas du côté camerounais alors que ça continue de crépiter chez le voisin. Visiblement, Garoua boulai étouffe de monde. Sa population a presque triplée en l’espace de trois semaines. Sur le marché, les prix des produits de première nécessité ont flambé. «Le plat de couscous-koko qui coûtait 500 est maintenant vendu à 1000Fcfa», affirme une ménagère.

Il en va de même pour la bière camerounaise que les centrafricains apprécient. De bonnes affaires pour les commerçants de Garoua-Boulai malgré l’insécurité qui’ prend de l’ampleur. La semaine dernière, le Général René Claude Meka, Chef d’état-major des armées était à Garoua boulai prendre le Pool de la situation sécuritaire et booster le moral de ses hommes qui veillent sur la frontière Cameroun-Rca.