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Human Rights Watch demande aux autorités de remettre en liberté « Shakiro » et « Patricia »

Human Rights Watch demande aux autorités de remettre en liberté « Shakiro » et « Patricia »

Pour l’ONG, les deux femmes transgenres n’auraient jamais dû faire l’objet d’une arrestation.

Deux femmes transgenres, Njeuken Loic et Mouthe Roland, connues respectivement sous les noms de « Shakiro » et « Patricia », ont été condamnées le 11 mai dernier à cinq ans de prison. Ainsi qu’à des amendes de 200 000 francs CFA.

L’ONG Human Rights Watch (HRW) n’est pas d’accord avec verdict. Elle estime que ces femmes « n’auraient jamais dû faire l’objet d’une arrestation ».

HRW demande aux autorités camerounaises de les « remettre en liberté et annuler les charges qui pèsent contre elles immédiatement ».

Des gendarmes ont arrêté Shakiro et Patricia dans les rues de la ville de Douala le 8 février dernier, selon l’ONG. Et pour cause, « elles étaient vêtues de manière typiquement féminine ».

Selon cette source, les deux transgenres ont été interrogés sans la présence d’un avocat. Elles ont été « frappées et menacées », selon des militants et des avocats qui leur ont rendu visite en détention.

Les circonstances de leurs arrestations

Shakiro et Patricia ont ensuite été transférées à la prison centrale surpeuplée de Douala. Là-bas, elles auraient été battues et insultées par des gardiens et d’autres détenus. Les procureurs les ont accusées de tentative de conduite homosexuelle, d’outrage public aux mœurs, et de non-possession de leur carte d’identité nationale.

« C’est une condamnation politique qui adresse un message clair et effrayant : ‘‘Nous ne voulons pas de personnes LGBT ici au Cameroun.’’ Nous devons combattre cet état d’esprit et nous le ferons. », a déclaré Alice Nkom, une avocate représentant Shakiro et Patricia.

L’an dernier, nous apprend HRW, les forces de sécurité camerounaises ont arrêté de manière arbitraire des personnes sur la base de leur orientation sexuelle réelle ou de leur identité de genre présumées. Entre février et avril 2021, les forces de sécurité ont arrêté au moins 27 personnes, dont un garçon âgé de 17 ans, pour comportement homosexuel consensuel ou variance de genre présumée.