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Grossesses précoces : des chiffres qui parlent au Cameroun

Grossesses précoces : des chiffres qui parlent au Cameroun

Les grossesses d’adolescence affectent gravement la santé de la jeune fille et celle du bébé. Aussi le nombre de filles enceintes à l’âge pubère augmente-t-il chaque année dans le monde et au Cameroun.

Selon les résultats clés de la cinquième enquête démographique et de santé (Eds) au Cameroun réalisée du 16juin2018 au 19 janvier 2019 par l’institut national de la statistique, en étroite collaboration avec le ministère de la santé publique, la prévalence des grossesses chez les adolescentes est de 24% dont 5% sont enceintes de leur premier enfant, tandis que 19% ont eu au moins un enfant. L’Eds 2018 indique par ailleurs que «le pourcentage des adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde augmente rapidement avec l’âge, passant de 4%> à 15 ans à 23% à 17 ans, plus à 49% parmi celles de 19 ans».

En outre, le pourcentage des adolescentes qui ont déjà commencé leur vie procréative est nettement plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain avec 32% de filles contre 17%. Dans les régions, le pourcentage le plus faible est enregistré dans la ville de Douala avec 6% et le plus élevé est observé à F Est où 44% de filles ont déjà donné la vie.

D’après le ministre de la Santé, Manaouda Malachie, les grossesses précoces sont’en hausse à cause de plusieurs facteurs. «La consommation des stupéfiants par les adolescentes, la pauvreté, l’absence d’éducation, le chômage ainsi que des jeunes filles qui subissen t des pressions pour se marier et avoir des enfants tôt, sont à 1’ origine de ces disparités», souligne-t-il.

Pourtant, les grossesses précoces chez les adolescentes ont de graves conséquences sur la santé des mères adolescentes et leurs enfants. L’on peut noter entre autres, des complications chez la jeune fille pendant l’accouchement tels que des avortements non sécurisés qui contribuent à la mortalité et la morbidité maternelles et entrainent des problèmes de santé durables.

Pour redresser cette courbe, le gouvernement camerounais mène plusieurs actions pour sensibiliser les adolescentes à travers les médias, réseaux sociaux, pendant des causeries éducatives de routine ou pendant les campagnes ou célébrations des journées mondiales etc.