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Grand Nord : plus de 400 000 élèves sans actes de naissance

Grand Nord : plus de 400 000 élèves sans actes de naissance

Malgré les réformes gouvernementales, la reconnaissance des enfants reste un problème majeur dans cette partie du Cameroun, connue mondialement pour être très peuplée et sous-scolarisée.

Le combat pour l’établissement des actes de naissance dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’extrême-Nord est mené depuis plusieurs années déjà. Malgré la réticence observée des populations, parfois due à leur l’ignorance, le gouvernement avec l’appui des partenaires au développement et certains «mécènes» ont initié des campagnes de sensibilisation. L’objectif étant de les entretenir et renseigner sur l’importance et l’utilité d’établir un acte de naissance à l’enfant dès sa naissance.

«Lors de nos différentes décentes dans les établissements scolaires, nous avons constaté que les enfants n’ont pas d’actes de naissance et que c’est généralement lorsqu’ils sont au cours moyen deuxième année, qu’à l’initiative des directeurs d’écoles notamment, on cherche à leur établir des actes de naissance pour pouvoir se présenter à l’examen du certificat d’études primaires (Cep)», précise un responsable.

Grâce à cette lutte, on a pu recenser il y a quelques temps un nombre pléthorique d’élèves qui n’en disposaient pas. Selon l’étude réalisée par le Bunec, le bureau national de l’Etat civil, au cœur de cette initiative, un total de 420 000 élèves de l’enseignement maternel et primaire pour le cas précis de l’extrême-nord, a été enregistré.

«Une fois que les enfants sont scolarisés, les parents omettent, souvent de leur établir des actes de naissance d’où ce nombre élevé d’enfants scolarisés ne disposant pas d’un tel document», rappelle-t-il. Et d’ajouter «cette région fait partie dés zones plus-, sous-scolarisées du pays avec en moyenne 50% dans l’enseignement primaire et maternel. On y tolère généralement que les enfants aillent à l’école, quitte à exiger ces documents plus tard».

Outre la sensibilisation, le gouvernement et les organismes internationaux tels que l’organisation des Nations-Unies pour l’enfance (Unicef) et les associations caritatives prennent sur eux d’établir des actes aux enfants. Dans l’Adamoua par exemple, dans les localités de Ngaoundéré, Meiganga, Ngaoundal et Djohong, dans le cadre du projet du fond pour la démocratie régionale pour l’Afrique, l’association Mboscuda s’est engagée à établir 600 actes de naissance aux enfants scolarisés au sein de la communauté Mbororo où selon le récent rapport de l’Unicef, au moins 10% de naissances sont enregistrées. Le document ressort aussi que 42% de naissances dans les zones rurales du Cameroun ne sont pas enregistrées.