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Fonction publique : les instituteurs indignés toujours pas recrutés

Fonction publique : les instituteurs indignés toujours pas recrutés

En dépit d’un financement de la Banque mondiale à hauteur de 57 milliards de Fcfa, en vue de contractualiser 6000 enseignants, l’annonce faite par le ministre de l’Éducation de Base au mois d’octobre 2020 à Yaoundé, tarde à se concrétiser, entre-temps, les recalés de la dernière vague des recrues restent confus.

Annoncé en fin octobre 2020 à Yaouhdé par le Ministre de l’Éducation de base (Minedub), Laurent Serge Etoundi Ngoa, la deuxième vague de recrutement des instituteurs de l’enseignement général dans la Fonction publique ne s’est toujours pas concrétisée.

Pourtant, l’annonce telle une promesse avait suscité beaucoup d’espoirs surtout chez les recalés de la première opération du troisième programme de contractualisation des enseignants de l’Éducation contestations. Avec cette annonce, d’aucuns voient déjà le bout du tunnel, d’autant plus que le Cameroun a bénéficié d’un financement additionnel de la Banque mondiale et du partenariat mondial de 57 milliards de Fcfa.

Le 27 novembre de la même année, ce financement destiné globalement à améliorer le secteur éducatif, mais surtout à contractualiser 6000 instituteurs sur les 12000 prévus à la fonction publique. Au Minedub, un responsable soutient que les opérations de contractualisation vont se poursuivre. Mais selon lui, le gouvernement voudrait d’abord sortir au préalable les matricules des nouvelles recrues avant de lancer un recrutement.

Au sein du Collectif des instituteurs indignés, des titulaires d’anciens Certificat d’aptitude pédagogique des instituteurs des écoles maternelles et primaire (Capiemp), le président, Jean Marie Sonkoue Segning contacté hier par Essingan laisse entendre que l’ambiance est morose et les membres du groupe bien qu’optimistes, restent prudents et mobilisés face à ces annonces.Soupçons de corruption

Ils promettent d’autres mouvements d’humeurs d’ici le mois de février s’il n’y a rien de concret. Selon le leader, l’annonce d’un recrutement de 6000 instituteurs est à l’actif du collectif. À cet effet, il est important de privilégier les recalés de la dernière opération de contractualisation dont certains ont déjà l’âge limité fixé à 40 ans. « Ils nous ont promis beaucoup de choses qu’ils n’entendent pas tenir apparemment », déplore-t-il.

Cela fait des mois que le Collectif dénonce des irrégularités et soupçons de corruption dans la dernière opération de contractualisation des instituteurs dans la fonction publique. Un mécontentement qui a poussé la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (Cndhl) à saisir le gouvernement à travers une correspondance en date du 1er décembre 2020.

Le président intérimaire de cet organisme, James Mouangue Kobila demandait alors plus de clarifications au gouvernement dans l’affaire des instituteurs recalés de la première opération de contractualisation. Bien plus, il voulait s’enquérir de la suite réservée aux réclamations de ces instituteurs. La sortie de la Cndhl était motivée par la saisine du collectif qui assure avoir transmis tous les documents relatifs à leurs revendications.

De Même la Banque mondiale saisie par le collectif avait réagi en promettant d’être suffisamment regardante sur les points soulevés par les contestataires lors des négociations en cours avec le gouvernement. Parmi les points soulevés, il y a le critère de l’âge des candidats et l’ancienneté des Capiemp.