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Elle traine sa mère en justice pour l'avoir déshéritée

Elle traine sa mère en justice pour l'avoir déshéritée

Une veuve a obtenu le jugement d’hérédité de son époux sans tenir compte des intérêts de sa fille unique. Cette dernière se bat pour s’intégrer dans la succession de son défunt père, mais, le tribunal exige la présence .du fils aîné du disparu issu d’une relation adultérine.

Après plus de 9 ans, l’héritage légué par Lazare continue de susciter de vives tensions et des divisions au sein de sa grande famille. Les nombreuses procédures pen-‘ dantes devant les juridictions le témoignent. A l’origine du conflit, le grand patrimoine laissé par le défunt. Aussi, Yvette, la fille de Lazare s’oppose à une décision de justice rendue en s’on absence il y a plus de 14 ans.

La décision querellée dispose que Jovin, le fils aîné du disparu et issu d’une relation adultérine est l’unique héritier de Lazare et l’usufruitière n’étant personne d’autre que Mireille,’sa mère. Yvette estime donc que le tribunal a été induit en erreur, et que ses intérêts n’ont pas été pris en compte. Elle souhaite bénéficier du patrimoine de son défunt père.

Lorsque l’affaire a été appelée, mère et fille se sont présentées devant le juge main dans la main. Personne ne pouvait: s’imaginer qu’elles sont en conflit pour une affaire de succession. En réalité, les deux dames n’ont pour adversaire commun que Jovin. Ce dernier, qui ne comparait pas, se serait installé au Gabon après le décès de son père.

La désolation

Pour bien comprendre cette affaire, il convient de revisiter l’arbre généalogique de cette famille. Il ressort des témoignages des deux dames que de son vivant, Lazare a épousé une seule femme, Mireille. De ce mariage est née une fille prénommée Yvette. Avant la naissance de l’enfant du couple, Lazare a entretenu une relation extra-conjugale avec une autre femme. De cette amourette est né Jovin, qui a été reconnu plus tard par son père, de son vivant. Les membres de cette famille vivaient en harmonie sou-s le même toit, jusqu’à la mort du chef de famille en décembre 2005.

Alors que Mireille était occupée à organiser les obsèques de son époux, Jovin a saisi le tribunal en janvier 2006 et a obtenu le jugement d’hérédité de son père. Dans cette première décision vivement contestée par la veuve, Jovin s’est déclaré unique héritier dé son père et, à l’aide d’un faux acte de mariage, sa mère et maîtresse de Lazare a été désignée administratrice et usufruitière (tes biens successoraux.

Ayant été notifiée de ce jugement, Mireille a fait opposition. Le tribunal a tranché en sa faveur et ses droits de veuve et d’usufruitière lui ont été restaurés. Seulement, lorsque la veuve a saisi le tribunal en opposition au, premier jugement,’elle n’a pas informé Yvette de la procédure et les intérêts (te sa fille unique n’ont pas été pris en compte.

C’est cette deuxième décision que Yvette conteste aujourd’hui. « J’ai été choquée d’attendre que le fils de mon mari a ouvert sa succession à mon insu et qu’il s’est désigné unique héritier. Dans la précipitation, je n’ai pas eu le temps d’en parler à ma fille. Je suis désolée », s’est-elle empressée de déclarer avant que le tribunal ne lui donne son tour de parole.

Usage de faux

En effet, Yvette, qui se présente comme l’enfant biologique (te Lazare, se sent lésée dans le jugement d’hérédité de son père. Elle réclame sa part d’héritage et souhaite être désignée cohéritière des biens de Lazare au même titre que Jovin. «Mon frère consanguin a induit ma mère et le tribunal en erreur. Je n’ai jamais été informée de cette procédure. Lorsque ma mère a fait opposition du premier jugement, j’étais en Guinée équatoriale», a-t-elle expliqué.

Après son forfait, relate Yvette, Jovin est allé s’installer au Gabon. Ce qui fâche les deux dames est que ce dernier refuse de se présenter devant la justice malgré les multiples convocations qui lui ont été adressées. « Je me suis occupée de cet enfant dès son bas, âge. Il connaît que je suis la seule veuve de son père. Je ne sais pas pourquoi il a voulu dilapider les biens (te mon mari avec sa mère, qui n’était que la mai-tresse de Lazare. D’ailleurs, il y a une procédure pendante devant le TGI dans laquelle il est accusé, en complicité avec sa. mère, de faux et usage (te faux -, a confié Mireille.

Pour donner du poids à ses déclarations,. Yvette a présenté au tribunal son acte de naissance qui prouve sa filiation avec 1e défunt. Ce document n’a pas suffisamment convaincu le tribunal, qui souhaite non seulement recueillir l’avis de Jovin afin de voir clair dans cette procédure, mais aussi que les dames produisent les deux jugements d’hérédité antérieurs. L’affaire a été renvoyée au 20 janvier 2021 pour que Yvette régularise son dossier le procédure et pour la comparution éventuelle de Jovin.