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Crise anglophone : au moins 18 personnes tuées depuis le 1er janvier

Crise anglophone : au moins 18 personnes tuées depuis le 1er janvier

Les victimes qui sont pour la plupart des militaires et des civils ont été tuées lors des attaques perpétrées par des hommes armés.

La crise qui sévit, depuis 2016, dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest a pratiquement disparu des couvertures médiatiques. Pourtant, depuis le début de cette année, le conflit a été particulièrement meurtrier. Au moins 18 personnes ont été tuées lors des attaques perpétrées par des hommes armés.

Le vendredi 8 janvier dernier, un groupe d’hommes armés attaque un check-point mixte de Gendarmerie et de Police dans la localité-de Matazem frontalière entre les régions du Nord-Ouest et de l’Ouest. Selon les autorités qui accusent les combattants séparatistes d’avoir commis l’attaque, le bilan a fait cinq morts dont trois hommes en tenue et deux civils.

« Un groupe d’assaillants sécessionnistes a attaqué, tôt dans la matinée de vendredi, le poste de contrôle mixte de Babadjou situé à la frontière entre les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest. Deux gendarmes, un officier de police et deux civils qui se trouvaient à ce poste de contrôle, ont été tué par balles », a indiqué Awa Fonka Augustine,le gouverneur de la région de l’Ouest.

Deux jours avant, c’est le convoi du préfet du département de la Momo dans la région du Nord-Ouest qui a été pris pour cible par un autre groupe de séparatistes. Quatre militaires et une journaliste ont été tués lors de cette attaque selon le porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi.

Le 10 janvier dernier, dans le Sud-Ouest, au moins huit civils ont trouve la mort dans le village Mautu, département du Fako. « Le dimanche 10 janvier 2021, le CHRDA a reçu avec consternation des informations faisant état du meurtre d’au moins huit civils dans le village de Mautu. Des membres présumés des forces de défense et de sécurité de l’Etat auraient envahi le village de Mautu dans la subdivision de Muyuka, dans la région du Sud-Ouest, et, auraient commis cet acte », a déclaré un communiqué du Centre pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique.

Une version des faits réfutée par les autorités camerounaises. Le ministère de la Défense accuse plutôt les séparatistes d’avoir conçu des images pour faire endosser à l’armée «un aveugle massacre perpétré à Mautu». Dans son communiqué, le ministère de la Défense a informé l’opinion de la tenue d’un raid préventif mené dans la localité de Mautu située dans l’arrondissement de Muyuka, région du Sud-Ouest. Le raid en question a eu lieu, selon le porte-parole de l’armée, le dimanche 10 janvier 2021 et a été mené sur les positions de ceux que le ministère qualifie de «groupes terroristes».

Cette sortie signée par le porte-parole de l’armée le capitaine de vaisseau Cyrille Serge Atonfack, fait savoir qu’au terme des combats, plusieurs insurgés ont été neutralisés et d’autres blessés. Des armes et munitions ont été récupérées.

Troubler le Championnat d’Afrique des Nations

La recrudescence des violences dans le Nord-Ouest et le Sud-ouest refait surface après plusieurs mois d’une relative accalmie. Une flambée de violences qui s’explique selon une grille d’analyse, par la volonté affichée par les séparatistes de perturber le Championnat d’Afrique des Nations (Chan) qui se joue au Cameroun du 16 janvier au 7 février prochain.

Dans une correspondance adressée, le mercredi 6 janvier, au président par intérim de la CAF, Constant Omari, le gouvernement fantôme du mouvement séparatiste anglophone, Ambazonie, avait indiqué que la ville de Limbé, est une «zone de guerre», et ne saurait abriter un match international.