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Centre de dialyse de Maroua : les malades descendent une nouvelle fois dans la rue

Centre de dialyse de Maroua : les malades descendent une nouvelle fois dans la rue

Ils ont exprimé leur ras-le-bol le 13 janvier 2021, après une première grogne le 30 novembre dernier.

Les 40 insuffisants rénaux de Maroua, dans la région de l’Extrême-Nord, sont mécontents. Privés de séances de dialyse depuis environ trois mois, ils ont exprimé leur ras-le-bol le 13 janvier 2021, après une première grogne le 30 novembre dernier.

A cause de la panne des huit machines du centre de dialyse de l’hôpital régional de Maroua, ils sont obligés de se rendre à Garoua. Une ville située à environ deux cents de kilomètres.

Un voyage difficile pour une prise en charge vécue comme une véritable épreuve de patience : « Tu peux aller à l’hôpital à 6 heures du matin, mais c’est à 8 heures parfois 10 heures du soir qu’on te reçoit. La priorité étant accordée aux malades du centre de Garoua. Il faut parfois passer la nuit à l’hôpital, à même le sol pour ceux qui n’ont pas de connaissances dans cette ville », affirme une patiente.

En fait, le centre d’hémodialyse de la capitale régionale du Nord ne dispose que de cinq machines fonctionnelles consacrées à la prise en charge non seulement de ses propres malades. Mais aussi de ceux en provenance de Ngaoundéré dans l’Adamaoua et de Bertoua dans la région de l’Est.

Une semaine pour résoudre le problème

« Après notre dernière manifestation, les responsables de l’hôpital nous ont donné une semaine pour résoudre le problème. Et jusqu’à ce jour, il n’y a pas de solution », s’insurge Bouba Ibrahim, le président de l’association des malades d’insuffisance rénale de l’Extrême-Nord. Il ajoute : « J’ai commencé la dialyse le 9 février 2006 à Yaoundé, mais on n’a jamais connu autant de tracasseries et de problèmes ».

Clément Frangin, leur porte-parole, ne s’explique pas le temps pris pour remettre en état les équipements du centre de dialyse de Maroua. Alors que celui de l’hôpital régional de Bamenda dans le Nord-Ouest a reçu de nouvelles machines en quelques jours.

« Nous ne sommes pas responsables de la technique. Depuis un mois, nous sommes en train de tout renouveler. Donnez-nous encore un peu de temps, nous avons bon espoir que d’ici la fin de la semaine tout sera revenu à la normale. Nous avons mis à votre disposition un véhicule pour vous transporter à Garoua », se défend Gérard Fetse Tama, le directeur de l’hôpital.