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Carnaval de Foumban : une cérémonie riche en intrigues

Carnaval de Foumban : une cérémonie riche en intrigues

Les participants au carnaval du syndicat des communes du Noun du 1er Janvier 2021 ont aussi brillé par leurs chansons dont les paroles étaient surtout énigmatiques.

Le pasteur Henri Martin, dernier ouvrier blanc à servir dans l’église évangélique du Cameroun en région Bamoun, dans son introduction à la version française du livre « Histoire et coutume Bamoun » du roi Njoya, ne s’était pas trompé quand il disait que le peuple Bamoun est un grand peuple dont le premier cheval de bataille est l’intrigue.

Cérémonie riche en son et en couleurs, le côté son a été surtout meublé par des chansons dont les messages portés étaient d’une subtilité déconcertante et demandaient toutes à être déchiffrées. Si ce n’était pas le cas Comment pouvons nous expliquer à un non initié le fait que le mot clé d’une chanson de carnaval soit « le petit piment » (youwouo metou) ?II fallait surtout voir avec quel engagement les femmes, toutes avec un regard décidé débitaient cette expression pour le frioins intrigante.

Une attitude de personnes convaincues du caractère « sacré » de la chose. Nous avons essayé de nous approcher de ces participantes pour avoir un décryptage qui nous aurait permis de mieux comprendre, mais l’énigme a semblé être entretenue à dessein, car la seule réponse qu’on a servi à notre reporter a été que «le petit piment chauffe beaucoup, il vaut mieux ne pas le tenter ».

Mais cela ne vient peut-être que confirmer ce que les grands parents Bamoun ont toujours dit : «C’est dans les chants que les Bamoun disent ce qu’ils ne peuvent dire autrement ». De « Yiwuo metou », « gâ Nda yu yien na pü » est un autre morceau choisi, littéralement, « les choses de notre maison ne concernent que nous », comme pour dire à tous ceux qui s’intéressent aux problèmes internes de l’Udc et de leur famille de se tenir à carreau.

C’est toujours ce caractère intriguant qu’on a observé dans certains gestes, comme celui de ce monsieur assis au-dessus d’un car de transport et qui simulait la pendaison avec une corde au cou. Le comble était l’ironie de l’adoration royale de certains participants. Et nous n’avons vu qu’une infime partie d’une cérémonie qui dura tout un après midi. Mais au-delà de tout, ce qu’on vécu les populations de Foumban a eu tout l’air d’une manifestation. Elles sont rentrées chez elles plus intriguées que jamais. Car elles se sont demandées pour qui et pourquoi l’on a manifesté.

Au terme de la parade à travers les rue de la ville, l’occasion faisant le larron, le maire de la ville de Foumban, Patricia Hermine Tomaino Ndam Njoya, a tenu tout d’abord à lui rendre hommage. « Le grand rendez-vous a été honoré aujourd’hui. C’est une édition après le rappel à Dieu du Dr Adamou Ndam Njoya, nous lui rendons hommage ce jour. Nous lui disons merci à jamais d’avoir initié ; il a été le géniteur du carnaval.

De 2016 à 2021, il nous a mis sur le chemin du passé, le chemin du contemporain, le chemin du devenir le développement humanisant. Et aujourd’hui en 2021, nous sommes installés sur la nouvelle ère, de la liberté l’ère de la responsabilité, l’ère de la contribution de tous ; elle a commencé aujourd’hui, elle sera pour 5 ans : 2022, 2023, 2024, 2025,2026 a-t-elle déclaré. Rendez-vous pris.