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10 nov 2016/10 nov 2020 : journées noires pour les avocats

10 nov 2016/10 nov 2020 : journées noires pour les avocats

Durant ces journées à Buea comme à Douala, les avocats étaient bastonnés, brutalisés, gazés et même blessés par les éléments de la police et de la gendarmerie.

«C’est surprenant ce qui est en train de se passer à Buéa. C’est même à la limite amusant. Nous sommes vraiment surpris que dans un pays où on évoque la démocratie et prône la liberté d’expression que des avocats qui sont des hommes de loi soient tabassés par la police comme des vulgaires malfrats. C’est vraiment incroyable ce qui se passe chez nous. Mais ça ne va pas se passer comme ça».

Cette déclaration de Me Sessekou Ebi Stanley, avocat en exercice dans la ville de Buea a été faite le 10 novembre 2016 à Buéa. Très remonté contre ce qui venait de se passer dans la capitale de la région .du Sud-ouest très tôt ce jeudi matin, il était tout vert de colère. Et avait, envie d’en finir avec ce régime qui ne respecte pas les principes de la démocratie et de la liberté d’expression.

«Le Cameroun a vraiment rétrogradé. On dirait que nous sommes dans un régime ‘ dictatorial. Regardez ce qui se passe dans un pays comme le nôtre. Donc un ne peut même plus faire une revendication dans ce pays sans être agressé. Ce que nous demandons est pourtant légitime. Nous allons poursuivre notre action», tempête-t-ii.

Tout près de lui, ses collègues étaient très fâchés. Après avoir été violentés par les éléments du Groupement mobile d’intervention (Gmi), ils criaient à l’injustice et invitaient Laurent Esso, le ministre de la Justice à se pencher avec urgence sur ce problème qui commence à prendre d’autre proportion.

«Nous voulons que le ministre de la Justice écoute nos doléances. Nous ne pouvons pas céder à l’intimidation. Il ne faut pas que l’on continue à nous traiter ainsi. Nous avons besoin d’un barreau pour les avocats anglophones», criaient-ils dans la langue de Shakespeare.

Manifestation perturbée

En effet, ce jeudi 10 novembre 2016 matin, les avocats de la région du Sud-ouest qui avaient programmé un mouvement d’humeur dans a ville de Buéa honoraient tout simplement ce calendrier quand la police les a dispersés. Alors que ces derniers-, une douzaine environ,, se dirigeaient à la Cour d’appel de la région du Sud-ouest pour déposer leur mémorandum, les forces de l’ordre en faction ici ont sauté sur eux. lis les ont roués de coups à l’aide des matraques avant d’arracher leur toge et leur perruque.

10 novembre 2020

Comme par hasard, le mardi 10 novembre 2020 aux environs de 19h au Tribunal de première instance de Bonanjo la scène similaire se répétait quatre ans après. Comme si la bête venait de renaître de ses cendres.

Mobilisés au Tribunal de Première Instance de Bonanjo par solidarité à leurs collègues Mes Wantou Ngueko Augustin et Djounko Christelle accusés de complicité d’outrage à magistrat et d’escroquerie et déférés la prison Centrale de New-Bell, ces derniers qui pensaient avoir produit suffisamment de garanties pour obtenir la libération provisoire de leurs collègues se sont fâchés.

Et n’ont pas voulu quitter le ‘tribunal C’est à ce moment que les éléments de la police, et de la gendarmerie mobilisés au tribunal depuis la journée ont décidé de charger. Ils ont gazé le tribunal à l’extérieur comme à l’intérieur. Les éléments du groupement mobile d’intervention N°2 et de l’Equipe spéciale d’intervention (Esir) de la police mobilisés pour la cause vont passer à l’intervention. Une bousculade va s’ensuivre et une course folle pour sortir de ce lieu infeste va s’en suivre.

Pendant que la police réussira à extraire des mains des avocats maitres Augustin Wantou Ngueuko et Christelle Djounko, les avocats eux désorientés et en colère pour le traitement «mauvais» à eux infligé, tenteront chacun de se sauver. C’est ainsi qu’ils quitteront le tribunal très en colère avec le sentiment d’injustice à leur égard, ils vont cependant promettre de ne pas s’arrêter là. Puisque des actions de revendication seront engagées..

Après la marche réprimée des avocats de Buea qui la crise anglophone qui couvait encore avait explosé et est difficilement gérable aujourd’hui.

Est-ce que le mouvement réprime des avocats francophones du pays s’étant déroulé pratiquement le même jouir du même mois suivra la même trajectoire? Seules des mesures prise par le gouvernement pour gérer ce problème pourra le dire.