Santé

Victimes du Covid-19, les Bayam-Sellam oubliées par le gouvernement

Victimes du Covid-19, les Bayam-Sellam oubliées par le gouvernement

A l’occasion de la célébration de la 36ème Journée internationale de la femme (J I F), « Women Forum for Development » (W.F.D.) a organisé un forum le 4 mars 2021 à Yaoundé, sous le thème : « Appui à la relance des activités des Bayam-sellam du Cameroun, dans le contexte de la Covid-19 ».

« Nous sommes vraiment endettées ! », déclare Nimala Nga, une Bayam-sellam réputée dans la vente des produits vivriers à Yaoundé. Grossiste, elle approvisionne les marchés en arachides et haricots entre autres. Rencontrée à la veille de la célébration de la 36ème Journée internationale de la femme, cette grossiste -de produits vivriers subit encore les impacts des mesures barrières édictées par le gouvernement dans le cadre de lutte contre le Covid-19 : « On a eu trop de difficultés pendant le Covid-19. Chez nous les Bayam-Sellam, on fait le marché de 6h à 18h. Le gouvernement nous annonce en avril 2020 de fermer les marchés à 15H. Une mesure qui a paralysé notre activité ».

Le commerce est au ralenti. Pour s’approvisionner auprès des fournisseurs de la région de l’Ouest et du Nord, Nimala Nga débourse environ de « 10 millions de FCFA ». Mais au regard du climat économique ‘défavorable, elle fera recours aux emprunts dans plusieurs associations. Des crédits qu’elle aura des difficultés à rembourser. « Si je n’avais des enfants, qui m’aident à rembourser ces dettes, je serai déjà en prison », confie-t-elle sous un ton pathétique.

Comme elle, sa coriàœur Dorothée Ngono relate la tendance baissière des ventes et les difficultés rencontrées à l’ère du Covid-19. «Il n’y avait pas assez de monde au marché pendant cette période. On n’arrivait pas à vendre nos marchandises. En plus, quand tu achètes dans les zones rurales pour venir revendre, on a de la peine à trouver les moyens de transport. Pourtant on a des enfants à nourrir, on a payé difficilement la scolarité des enfants»

Un an après, aucune mesure n’a été véritablement entreprise pour soutenir ces femmes, mamelles nourricières du Cameroun. Les bayam-sellam sont restées orphelines. Si le secteur informel héberge près de 90% des travailleurs camerounais, celui du bayam-sellam fait partie des activités qui emploient le plus. Cette crise est loin de son déclin. Les observateurs se demandent bien comment ce secteur fera pour se relever. Ces Bayam-sellam ont des responsabilités et le commerce qui était leur seule source de revenus pour la plupart est asphyxié par cette crise.

Jusqu’à date, seules la sensibilisation et l’offre de services de prévention et de protection contre la Covid-19 ont été menés en septembre 2020, en faveur de 1500 bayam-sellam dans lés marchés de Yaoundé et de Douala: Une initiative du ministère de la Promotion de la femme et de la famille (Minprof), avec la collaboration du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa).

Au regard de ces difficultés, le « Women Forum for Development » (WFD) a organisé le 4 mars 2021, en la salle de conférence de la Chambre de Commerce de Yaoundé, une rencontre multisectorielle sur le thème « Appui à la relance des activités des Bayam-sellam du Cameroun, dans le contexte de la Covid-19 ».

Il était question de mener un brainstorming afin de trouver des pistes de « solutions urgentes et pertinentes » pour la relance des activités. L’une des solutions alternatives pour bénéficier de l’appui du gouvernement pendant cette crise sanitaire est la migration des acteurs vers le secteur formel. Le ministère des Petites et Moyennes entreprises, de l’Economie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa) et le Bureau international du travail (BIT) entendent produire un guide sur la formalisation des entreprises au Cameroun.