Santé

Tuberculose : 1351 morts en 2020

Tuberculose : 1351 morts en 2020

La Journée mondiale de la lutte contre la Tuberculose, célébrée le 24 mars est passée sous silence au Cameroun.

Ce jour, le ministre de la Santé publique, a plutôt conduit une visite de presse au Centre de prise en charge des malades atteints du covid-19, à 1’ annexe n°2 de l’hôpital central (Orca), après avoir reçu en matinée un don en matériel médical ( tests covid-19, kit de prélèvement, appareils d’analyse) de la Clinton Health Access Initiative. Depuis un an, Manaouda Malachie semble accorder peu d’importance à cette maladie qui pourtant a tué 1351 personnes en 2020 soit plus du double que le covid-19 sur 24 584 cas dépistés.

La même année, le Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT) a recensé 1172 enfants âgés de 0 à 14 ans atteints, soit 5,1% des malades que compte le pays reconnaissant que la tuberculose pédiatrique est méconnue d’une bonne frange de la population. Pis encore, les centres de prise en charge des tuberculeux ont été transformés, en l’occurrence l’Hôpital Jamot. Le centre hospitalier accueille désormais moins de 100 patients par jour comme par le passé. Dépistage, prise en charge, hospitalisation sont en quasi-suspension pour les autres malades.

De l’avis des médecins, depuis la survenue du coronavirus, beaucoup de patients sont stigmatisés, par conséquent évitent les hôpitaux par peur d’y être contaminés ou négligés. « Depuis la pandémie du covid-19, nous avons constaté une régression de la fréquentation des hôpitaux du fait de la stigmatisation avec le covid-19. Ça veut dire que les gens ont peur d’aller à l’hôpital parce qu’ils ont peur du diagnostic. Ils ont peur puisque les symptômes sont similaires.

Le patient qui a le covid-19 tousse, il peut avoir de la fièvre et lorsqu’on a de la tuberculose, c’est effectivement les mêmes symptômes, toux, fièvre donc le patient qui a ces symptômes imagine qu’il a covid-19 », déclare Dr Balkissou, enseignante à la Faculté de médecine de Garoua. Cette situation a une conséquence sur l’état des patients admis en soins. Le stigma fait que quand les gens arrivent à l’hôpital, ils sont à un stade assez grave.

« Lorsqu’on traine avec cette maladie infectieuse qui attaque principalement les poumons, et qu’on se retrouve à l’hôpital avec un retard de diagnostic, au bout de deux mois, on se retrouve avec des poumons détruits. En ce moment on a des difficultés à respirer on a plus de complications pour soigner la tuberculose en ce moment-là » poursuit-elle.

A l’occasion donc de la 28e journée mondiale de lutte contre la tuberculose le 24 mars dernier, seul le personnel de santé en a profité pour sensibiliser à nouveau le public sur les conséquences néfastes de cette maladie contagieuse les plus meurtrière au monde. Ce d’autant plus que « L’horloge tourne », comme l’indique le thème de célébration.