Santé

Transfusion sanguine : les croyances freinent le don de sang dans les hôpitaux à l'Extrême-Nord

Transfusion sanguine : les croyances freinent le don de sang dans les hôpitaux à l'Extrême-Nord

A cause de leur croyance, plusieurs refusent l’option de donner leur sang.

« C’est difficile de dire aux gens de donner le sang, ils refusent. Il y a ceux qui veulent acheter seulement. Pour certains, donner leur sang, c’est comme s’ils donnaient une partie de leur pouvoir à l’autre. » C’est l’une des principales contraintes auxquelles fait face la plupart des hôpitaux à l’Extrême-nord à indiquer madame Neubi Elise, infirmière supérieure à l’hôpital régional de Maroua. La réticence pour d’autres, s’explique également par le fait qu’ils craignent une contamination lors de l’opération de prise de sang.

Pire, certains pensent qu’on peut attraper la maladie en donnant son sang. Ce qui est totalement faux et injustifié, d’autant plus que le matériel utilisé est stérile et à usage unique. Certains donneurs de sang exigent une rémunération. Comme si cela ne suffisait pas, les croyances religieuses font obstacle au don de sang.

Pour éviter la rupture des poches de sang, dans certains hôpitaux de district, le recours à la collecte mobile se fait régulièrement en cas de besoin. « A chaque fois que nous avions des cas de malades qui nécessitent une transfusion sanguine, nous choisissons un donneur dans la famille. S’il est compatible nous procédons à la prise » souligne Djorandi, infirmier à l’hôpital de district de Mindif.

Les agents de santé communautaires vont vers la communauté avec une approche de les sensibiliser sur l’importance du don de sang pour sauver des vies. Chose pas du tout aisée. « Lorsque nous nous rendons dans les ménages, certains nous disent qu’ils ne peuvent pas donner leur sang pour que l’hôpital vende v et ne leur donne rien en retour » souligne Oumarou Adji, agent à l’hôpital de district de Mindif. A l’hôpital régional de Maroua, malgré les réticences, plus de 400 à 500 donneurs de sang reçus par mois.

Les malades de tous les services de l’hôpital régionalet les structures extérieures convergent régulièrement vers la banque de sang.Bilan positif pour le don de sang à l’hôpital régional de Maroua. La fréquence des donneurs de sang varie de 10 à 20 donneurs par jour. Cela est possible grâce à la mobilisation de l’hôpital régional à s’impliquer d’avantage dans la sensibilisation des potentiels donneurs de sang. « Nous avions une grande capacité de rétention des poches de sang à l’hôpital régional de Maroua » explique Dr Fetse Tama Gerard, directeur de l’hôpital régional.

A chaque fois qu’un malade vient se faire consulter, le personnel de santé ne cesse de le sensibiliser sur l’importance de donner son sang pour sauver des vies à l’hôpital régional de Maroua. Le problème de communication nécessite un déploiement des agents de santé communautaire pour sensibiliser- dans les différentes formations sanitaires afin de lever les tabous autour des croyances qui limitent chez certains le don de sang.