Santé

Epilepsie : plus de 100 cas à l'Extrême-Nord

Epilepsie : plus de 100 cas à l'Extrême-Nord

Selon l’équipe du Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés à Minawao dans le Mayo- Sava, plusieurs personnes habitant un camp de déplacés nigérians souffrant de cette maladie mentales ont été recensés.

Pendant les consultations curatives dans l’Extrême-Nord, les équipes du HCR ont enregistré de nouveaux cas de psychose aiguë et des cas d’épilepsie. Ils enregistrent en moyenne 50 à 60 cas par semaine qui viennent pour consultation et prise en charge au niveau du poste de santé de Minawao. Parmi ces cas de consultation, une bonne partie est issue des patients chroniques qui sont déjà sous traitement et qui reviennent pour des suivis médicaux. Selon ces équipes, ces cas d’épilepsie seraient dus à plusieurs facteurs notamment les souffrances fœtales aiguës lors des accouchements et des causes physiques, traumatiques lors de l’enfance.

Cependant, les cas de psychose pourraient être liés à la crise de Boko-Haram. En effet, ces réfugiés vivaient et menaient des activités paisiblement dans leur pays d’origine, le Nigéria. Mais à cause de la crise sécuritaire dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun et dans leur pays, ils ont dû fuir pour trouver refuge au Cameroun. Le fait de fuir leurs localités, et en corrélation avec les atrocités qu’ils ont vécues, beaucoup de réfugiés se sont retrouvés dans un état de psychose. Aussi l’écoute des attaques, la peur d’être attaqué, la précarité de la vie et la peur du lendemain favorisent en grande partie les crises de psychose. Les deux maladies évoluent en mode chronique dans le camp de Minawao. Ce qui justifie le nombre de consultation à répétition.

D’après Mylène Ahounou, cheffe de la sous-délégation du HCR à Maroua, pour assurer une meilleure protection internationale et que les réfugiés aient accès aux services sociaux de base notamment la santé, une unité de santé mentale a été mise en place au camp de Minawao. «Cette unité dispose de personnels qualifiés et spécialisés qui mènent des interventions de prévention à base communautaire, sensibilisation et counseling, la prise en charge des cas d’assistance psychosociale et thérapeutique et le suivi des malades», explique-t-elle. Cette unité de soins est utilisée à la fois par les réfugiés et les populations hôtes. Ces actions permettront d’atteindre le troisième objectif de développement durable ODD qui fait référence à la bonne santé et au bien-être de ces personnes vulnérables.

Malgré ces interventions, l’équipe fait encore face à d’importants défis dans ce camp qui compte à la date du 25 septembre 2020, 68 170 âmes. Il s’agit notamment de l’insécurité qui sévit encore dans leurs localités d’origine. Ce qui ne favorise pas la recherche des solutions durables notamment leur rapatriement. La rareté des ressources (terre, moyens financiers) ne favorise non plus pas l’autonomisation des réfugiés.