Santé

Covid-19 : comprendre le relâchement des mesures barrières

Covid-19 : comprendre le relâchement des mesures barrières

Alors que le Cameroun craint le pire, les populations tardent à prendre en compte ce nouveau rebondissement de la pandémie à Coronavirus et n ’entendent pas renouer avec les mesures-barrière.

« Nous sommes fatigués des maladies qu’inventent les occidentaux pour nous nuire. Qu’on nous laisse nous épanouir ». Ces propos sont de Marie Chantal, une riveraine du quarter Essos, secteur B. Visiblement exténuée à la question de savoir pour quelle mesure a-t-elle opté, elle se lâche et déballe tout. Pour elle, la pandémie du coronavirus est une autre astuce mise en place pour déstabiliser de manière psychologique les africains. Elle n’est d’ailleurs pas la seule à soutenir cette pensée. La majeure partie des populations de ce quartier populaire de la capitale politique de par leurs comportements habituels montre à suffire leur insouciance vis-à-vis de ce phénomène mondial de santé qui dicte sa loi.

Les recommandations des autorités sanitaires et gouvernementales semblent n’avoir aucun effet. Entre port régulier du masque, distanciation sociale, lavage de mains, les « essossiens » n’optent pour aucune mesure de prévention. Pour les plus croyants, tout est une question de «résistance immunitaire ». « Cette maladie ne nous concerne pas. Ils ont toujours cherché un moyen de nous détruire, mais cette fois-ci, il faut dire que c’est l’échec total. Nous sommes plus fort que ça et prenons de plus en plus conscience », lance un passant.

«En plus ça va être difficile avec tout ce qu’on a lu sur les réseaux et vu dans certains medias, des personnes qui témoignent avoir été payés, ou contrainte d’accepter qu’on inscrive dans le certificat d’un proche qu’il est décédé du corona alors qu’il est venu souffrant d’un autre mal. Avec ça, on ne peut pas facilement accepter tout ce qu’on nous dit. Le système est corrompu. Et en réalité, on n’a jamais vu un malade de COVID », ajoute Edmond, tenancier d’une quincaillerie à Yaoundé.

Malgré les informations et les chiffres qui font du Cameroun le pays d’Afrique subsaharienne le plus touché par la pandémie à coronavirus, le constat est désolant. La population n’adhère pas au discours et pire encore ignore les mises en gardes du gouvernement. La non-observance des mesures de lutte contre le coronavirus n’est malheureusement pas qu’une affaire des habitants du quartier Essos, mais d’une grande majorité des camerounais qui a cru et continu même de croire à un complot contre l’Afrique toute entière. Tâche difficile pour les autorités qui doivent réussir à renverser la vapeur à l’effet de limiter la propagation de la maladie et de limiter donc les dégâts.

C’est d’ailleurs fort de ce constat que le ministre de transport est lui-même descendu sur le terrain la semaine dernière. Ernest Masséna Ngalle Bibehe était en effet dans certaines agences de voyage et artères de la cité capitale s’assurer du respect des mesures édictées par le gouvernement. On a pu voir le membre du gouvernement à l’œuvre mettant en garde passagers et conducteurs sur les sanctions encourues en cas de non port du masque de protection.

Une initiative à louer lorsqu’on sait que les agences de transports peuvent être en majorité des foyers de transmission de la maladie. Si cette descente n’est pas la première, il va falloir plusieurs et voir même des campagnes coups de poing pour faire respecter les décisions prises afin de ralentir l’avancée de la pandémie au sein des populations.