Santé

Cancer du col de l'utérus : Manaouda Malachie s'insurge contre les campagnes « anti vaccin »

Cancer du col de l'utérus : Manaouda Malachie s'insurge contre les campagnes « anti vaccin »

Le Ministre de la Santé publique a rendu public un communiqué à cet effet le 23 octobre dernier pour corriger la copie « totalement dénuée de fondement scientifique » récemment publiée par les évêques du diocèse d’Obala sur les réseaux sociaux.

« Le ministre de la Santé publique porte à l’attention de l’opinion publique, qu’il a pris connaissance avec surprise d’une correspondance abondamment relayée sur les réseaux sociaux et, mettant en doute l’efficacité, la qualité et la pertinence du vaccin anti Hpv qui protège la jeune fille contre la survenue du cancer du col de l’utérus », a indiqué Manaouda Malachie dans son communiqué publié le 23 octobre dernier.

Face à ces déclarations jugées à la fois « erronées » et « scandaleuses » de la part de l’auteur de ladite correspondance, le patron de la santé au Cameroun a tenu à corriger cette copie. Dans un premier temps, il fait savoir qu’il y est indiqué que le vaccin disponible contre le Hpv (Virus de papillome humain) est uniquement efficace contre les lésions pré cancérigènes de type 16 et 18 du Hpv et non des 15 autres environ.

« A ce sujet, il est important de noter que le vaccin quadrivalent introduit au Cameroun cible les types oncogènes 16 et 18, mais aussi les types 6 et 11 à l’origine des condylomes acuminés. Bien plus, une protection croisée contre les types 31, 33 et 45 représentant 13% des cas de cancer du col de l’utérus a été démontrée, portant ainsi la protection à près de 83% », éclairci Manaouda Malachie.

Ensuite, la correspondance indique que les jeunes filles de cette tranche d’âge (9 à 13 ans) ont été moins représentées dans les essais cliniques qui ont été menés jusqu’à présent. Ce sont celles qui sont un peu plus âgées avec une grande immunogenicité qui ont participé à ces essais cliniques. Pourtant la médecine basée sur l’évidence scientifique voudrait que les essais cliniques ne se limitent pas aux résultats intermédiaires, mais qu’ils aboutissent aux résultats.

A ce sujet, le ministre de la Santé précise que « des études ont démontré que les réponses en anticorps des adolescentes n’étaient pas inférieures à celles induites chez les femmes plus âgées. Il n’est donc pas scientifiquement vrai que celles qui sont un peu plus âgées ont une grande immunogénicité ».

23 millions de dose

Le troisième argument évoqué par l’auteur postule que le cancer du col de type adénocarcinome est hormono-dépendant en particulier des œstrogènes. Les hormones exogènes ou les Traitements hormonaux de substitution (Ths) auxquels on soumet les femmes de la puberté à la ménopause est aussi à l’origine du cancer du col de l’utérus. En réponse, le Minsanté indique qu’en effet, « s’il est vrai que les adénocarcinomes du col de l’utérus seraient hormonodépendants, il convient de noter que 90 à 95% des cancers invasifs du col sont des cancers épidermoïdes.

L’adénocarcinome représente moins de 5% des cancers du col dans la plupart des pays en développement ». Enfin, il est indiqué dans ledit document que selon le Système de notification des effets indésirables des vaccins (Vaers) de l’Union européenne, entre le 1er juin 2006 et le 31 décembre 2008, lorsqu’on avait distribué plus de 23 millions de doses, 772 cas ont signalé avoir eu des effets secondaires dont nous vous laissons le soin de découvrir. Pis encore, 32 décès ont été enregistrés. Ce qui est disproportionnellement très élevé par rapport à un vaccin scanné avec CamScanner.

Vaccination préventive

En réponse, Manaouda Malachie révèle que le « Vaccine adverse event reporting system (Vaers) est le programme national de surveillance de la sécurité vaccinale conduit conjointement par le Centers for disease control et la Food and drug administration, qui collecte des données brutes (non vérifiées) des manifestations post vaccinales indésirables aux États-Unis. Ainsi, de 2006 à 2008, sur 12 424 rapports d’événements indésirables, 11 652 (93,8%) ont été classés sans suite, en raison de l’absence d’évidence des données collectées ».

Au terme de ces mises au point sur des arguments et allégations « totalement dénués de tout fondement scientifique et même empirique », le ministre la Santé publique invite l’opinion publique à prendre avec discernement toutes les campagnes menées contre la vaccination dans notre pays, étant entendu que le moyen le plus sûr pour prévenir des affections graves et des maladies chroniques dans notre pays reste la vaccination préventive.

Par ailleurs, il exhorte les différents acteurs et leaders communautaires à jouer pleinement leur rôle en vue de l’accompagnement des politiques de santé, notamment en matière de prévention de la maladie, « toute chose qui devra améliorer nos indicateurs de suivi de santé publique ».