Santé

Adamaoua : la culture du don de sang rentre dans les mœurs des populations

Adamaoua : la culture du don de sang rentre dans les mœurs des populations

De nombreux jeunes s’adonnent de plus en plus à cette activité qui contribue à soulager les malades dans les formations sanitaires de la région. Organisés en association ou en solitaire, ces derniers fréquentent la banque de sang de l’hôpital régional de Ngaoundéré, principale structure qui abrite la plus grande banque de sang de la région.

Longtemps considérée comme activité d’une certaine catégorie de personnes ou des proches des malades, de nombreuses personnes comprennent déjà l’importance de la culture du don de sang pour sauver des vies dans les hôpitaux. Les jeunes notamment, ont pris conscience de l’importance de cette activité pouvant sauver des malades en manque de ce précieux liquide. Ce qui bât ainsi en brèche l’influence des croyances entourant le don de sang.

« Je suis ici pour donner de mon sang. Ça pourrait être mon frère, ma sœur, mon père ou ma mère qui est dans le besoin. A chaque fois que j’ai l’occasion, je n’hésiterai pas un instant à venir en aide aux malades dans les formations sanitaires », lance Aron, rencontré au sortir de la banque de sang de l’hôpital régional de Ngaoundéré. Les associations qui œuvrent dans ce sens se multiplient dans la ville. A Ngaoundéré par exemple, deux associations se distinguent dans cette lutte pour le don volontaire de sang. Il s’agit d’Arewa Médicare et SOS Don de Sang.

« J’ai été témoin il y a quelques années d’une scène qui m’a laissée sans voix. Je suis arrivée à l’hôpital régional de Ngaoundéré pour des examens de routine, mais j’ai trouvé une famille avec un enfant atteint d’une anémie sévère mais aucun membre de la famille’n’était prêt à donner de son sang. J’étais obligée de venir en aide à la famille de l’enfant pour qu’il soit sauvé, mais il était tard et l’enfant a rendu l’âme », témoigne Edith, habitant de Ngaoundéré.

Et à Abdel Kader de l’association Arewa Medicare d’ajouter, « Nous savons que beaucoup de nos frères sont réticents au don de sang. Nous nous engageons à faire du porte-à-porte afin de convaincre la majorité de la population de la ville de Ngaoundéré à faire de don de sang. C’est très important de donner de son sang, cela permet de sauver son semblable et également de rajeunir ses cellules ».

Dans la première semaine du mois de décembre dernier, l’association SOS Don de Sang a mené une campagne dans ce sens sur les réseaux sociaux et en présentiels en invitant les jeunes à sacrifier de leurtemps et de donner un peu de leur sang pour aider à soulager les peines des malades.

« Nous avons organisé l’année dernière une campagne de don de sang’à la banque de sang pour soutenir les malades nécessiteux, mais il y a une certaine réticence des populations. Les quelques donneurs sont ceux qui ont été d’une manière ou d’une autre victime d’un manque de sang à un moment donné de sa vie », explique Tertulien Eto, étudiant en sciences biomédicales à l’Uni versité de Ngaoundéré et membre de l’association SOS Don de Sang.