Politique

Wilfried Ekanga : «si le Cameroun est un État de droit, pourquoi les 3/4 des Camerounais ont-ils peur d'exprimer publiquement leurs opinions politiques ?»

Wilfried Ekanga : «si le Cameroun est un État de droit, pourquoi les 3/4 des Camerounais ont-ils peur d'exprimer publiquement leurs opinions politiques ?»

Pour l’analyste Wilfried Ekanga le Cameroun n’est pas un Etat de droit sinon, pourquoi les gens comme eux qui décident de défendre ouvertement leurs positions, sont en conséquence menacés de mort, envoyés en  prison, victimes de racisme ou obligés d’être en exil.

Dans une publication qui date du 12 janvier 2021, Wilfried Ekanga affirme que dire aux gens que le Cameroun est un Etat de droit où on peut s’exprimer librement, est un autre gros mensonge servi par le régime. L’analyste politique déclare que si le pays est véritablement un Etat de Droit, pourquoi note-t-on la peur de dire ce qu’on pense chez les camerounais? Pourquoi les parents refusent à leurs enfants le droit de s’exprimer par crainte de représailles? Pourquoi les gens comme eux qui osent le faire sont menacés au quotidien par des partisans du régime? Et pourquoi ils n’ont en retour que menace de mort, tribalisme, prison et exil?

Retrouvez ci-dessous la tribune de Wilfried Ekanga

» on va te tuer ! «
LA QUESTION DU SOIR :
Si le Cameroun est un État de droit, pourquoi les 3/4 des Camerounais ont-ils peur d’exprimer publiquement leurs opinions politiques ? Si la liberté d’expression y règne, pourquoi vos parents vous déconseillent fiévreusement de déclarer en public votre soutien à une formation autre que le parti au pouvoir ?
» Ma fille, pardon, laisse les choses là. J’ai encore besoin de toi ». Voilà ce que ta mère te dit les mains tremblantes, quand elle découvre que tu as tout juste commenté le discours de Maurice Kamto sur Facebook.
Pourquoi tout le monde a donc autant peur de ce régime si démocratique et humaniste ?
Un Jean-Paul Pougala pourra par exemple soutenir ouvertement Biya et continuer ses transactions en toute aisance, tout en sachant que la sauce serait fort différente s’il s’était déclaré hostile au pouvoir et favorable à ses challengers. Depuis 2018, la seule arme que j’ai utilisée contre ce régime, c’est la parole et l’écriture. Pourtant les biyayistes eux, nous menacent de mort tous les jours, et essayent de nous nuire par les moyens les plus perfides. Et au-dessus de tout, leur disque de platine s’intitule :  » Tente un peu de mettre les pieds ici au Cameroun ! »
En gros, une autre forme de guerre asymétrique.

L’URGENCE DE LA PENSÉE

Vous réalisez donc qu’on est dans un enfumage dictatorial absolu, et que tout le reste n’est que de la pédophilie intellectuelle sous fond de charabia, organisée par un Gang de Malfrats en plein jour. Au pays des Crevettes, vous êtes obligés de soutenir ce régime cannibale si vous voulez mener vos affaires. Tout le monde en est conscient, et ceux qui veulent « vivre leur vie » se taisent hypocritement devant la barbarie.
Voilà la seule, l’unique vérité.
Nos ennuis (prison, exil, danger de mort, tribalisme etc…) ne viennent pas du fait que nous soyons des terroristes qui voudraient déstabiliser le Cameroun. C’est du blablabla pour chiens errants Au contraire, nous nous y attendions, et nous avons choisi délibérément d’avoir une vie compliquée. On adore ça ! Car c’est le prix à payer quand on a décidé de réfléchir par soi-même et non au gré d’une boîte de sardine (au sens propre).
C’est cela le militantisme politique, le vrai. L’engagement dicté par la conviction, sans compromission aucune. L’urgence de la pensée !