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Rivalités politiques : les menaces qui guettent le Rdpc dans le Grand Nord

Rivalités politiques : les menaces qui guettent le Rdpc dans le Grand Nord

Opposition politique et mouvement de la société civile sont entre autres forces qui inquiètent le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais dans le Septentrion.

Mamadou Mota et le MRC

Le parti au pouvoir a maille à partir dans le septentrion, depuis l’avènement en politique, il y a quelques années d’une nouvelle figure politique: celle de Mamadou Mota, premier vice-président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). Originaire de Tokombere dans le département du Mayo-Sava, région de l’Extrême-Nord, Mamadou Mota n’a cessé de donner des sueurs froides au Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais depuis la dernière élection présidentielle de 2018.

Il représente d’autant plus une menace du fait qu’il est de la même localité que CavayeYeguie Djibril, mastodonte du Rdpc et député du Rdpc depuis plus de 30 ans. Ce ne sont d’ailleurs pas les faits d’arme qui manquent à l’actif de Mamadou Mota et de son parti. Lors de la campagne électorale de 2018, face à un MRC qui commençait de plus en plus à convaincre une partie de l’électorat du septentrion, les lieutenants du président Biya qui tentaient de le défendre dans une sorte de foire d’empoigne ont été obligés de recourir à des actes les plus irréguliers, en brûlant publiquement les gadgets du MRC.

Récemment encore à peine sorti de prison, Mamadou Mota que plusieurs qualifiait de prisonnier politique a fait une démonstration de force en mobilisant des foules à Tokombere l’un des bastions jugé imprenable du Rdpc. «Après 20 mois de détention, le premier vice-président du MRC a mobilisé une fouie impressionnante. Au grand dam du président de /’Assemblée Nationale qui aura tout fait pour que les populations restent chez elle», avait commenté une radio locale. Une véritable bravade de l’establishment politique traditionnel, qui laisse encore penser aux multiples appels aux revendications qu’il lançait depuis sa cellule à la prison centrale de Kodengui.

Guibaï Gatama et 10 millions de Nordistes

Dans la région du septentrion, le Rdpc ne redoute pas seulement ses adversaires directs de l’opposition. Il fait aussi face depuis un certain temps au Mouvement 10 millions de Nordistes, né il y a quelques mois. Crée à l’initiative du journaliste Gui-bai Gatama, le Mouvement 10 millions de Nordistes a pour objectif de défendre les intérêts des ressortissants du Grand-Nord. Si le mouvement n’a fait montre jusqu’ici d’aucune ambition politique, il a posé des actions qui font peur au politique, notamment au Rdpc.

L’une des actions fortes de ce mouvement est le rejet, il y a quelques mois, des résultats du dernier concours d’entrée à l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (Enam) et le dépôt d’une plainte au Tribunal administratif pour contester lesdits résultats. Du côté du septentrion, le mouvement a connu une forte adhésion populaire au point où les élites du Rdpc se sont senties obligées de manœuvrer pour tuer le projet dans l’œuf.

Les autres forces en présence

Dans la foulée des forces qui inquiètent le Rdpc dans le Grand Nord, l’on cite entre autres, la Ligue du Grand-Nord. Mouvement dont les initiateurs restent peu connus, mais qui a déjà posé plusieurs actions notamment la signature d’une pétition qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Intitulée «Mémorandum du grand Nord», cette lettre de revendications, mettait au gout du jour, plusieurs récriminations du septentrion envers le pouvoir de Yaoundé.

Entre autres menaces, le Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale de Cabrai Libii qui est en train de s’implanter fortement dans le Grand-Nord. Et les autres formations politiques telles que l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (Undpc), le Front pour le Salut National Du Cameroun (Fsnc), le Mouvement Démocratique pour la Défense de la République (MDR) etc.. Même si la plupart de ces formations politiques sont de la majorité présidentielle, il n’est pas exclu qu’elles basculent à tout moment estiment plusieurs analystes.