Politique

Révision du Code électoral : le DG d'Elecam ressuscite la polémique

Révision du Code électoral : le DG d'Elecam ressuscite la polémique

Une note interne datée du 19 février 2021 relance le débat sur une révision réclamée à cor et à cri par divers acteurs.

Une note interne du directeur général des élections d’Elections Cameroon (Elecam) destinée aux délégués régionaux qui s’est retrouvée dans les réseaux sociaux. Dabs cette correspondance datée du 19 février 2021, écrit Erik Essousse : « Partant d’expériences puisées de l’organisation et de la gestion des récentes échéances électorales, ’ et dans la perspective d’une contribution à la réforme éventuelle du Code électoral, j’ai l’honneur de vous inviter à bien vouloir mener une réflexion et de soumettre sous huitaine vos propositions d’amendements de la loi portant Code électoral au Cameroun ».

Cette note a le don de raviver la sempiternelle polémique sur la révision’ de la loi électorale au Cameroun revendiquée à cor et à cri aussi bien par des partis politiques que par la société civile ainsi que certains partenaires et organismes internationaux. Sans surprise, les réactions des partis politiques fusent.

« Nous espérons qu’il ne s’agit pas d’un tour de passe-passe habituel du ^régime pour un passage en force, mais d’une contribution sincère d’Elecam pour l’amélioration du processus électoral au Cameroun», réagit le secrétaire national à la communication du Mouvement pour la renaissance du Cameroun. Justement, le parti de Maurice Kamto a boycotté les élections législatives et municipales du 9 février 2020, exigeant notamment une réforme du Code électoral.

La directrice exécutive du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique central (Redhac) Maximilienne Ngo Mbe, exige un débat préalable à toute révision, tout en soutenant que la réforme du Code électoral ne saurait être discutée à l’Assemblée nationale où le RDPC bénéficie d’une majorité écrasante. , Sà conviction est que cette position du parti présidentiel va forcément biaiser le débat.

En outre, oppose-t-elle, « Elecam ne peut pas prendre une partie du problème et mettre sur la table en lieu et place du problème global. Ce qui fait problème n’est pas seulement le Code électoral, mais le système qu’il faut revoir ». Njoya Moussa, politologue, dans une tribune publiée dans Défis actuels, identifie pas moins de 15 points susceptibles d’être révisés. Mais parmi les exigences des partis politiques et de la société civile, figurent principalement l’introduction du bulletin unique, l’abaissement de l’âge électoral à 18 ans ou une élection présidentielle à deux tours.

A leur concert de voix se joint celle de l’Union africaine (UA), qui suggère «un cadre de dia-logue et de concertation entre tous les acteurs, afin de réinstaurer la confiance dans les processus électoraux ». Entre autres recommandations formulées au terme de sa mission d’observation des élections législatives et municipales du 9 février, elle a invité le gouvernement à « procéder à la relecture des textes régissant les élections pour clarifier les dispositions sujettes à des interprétions divergentes et de prendre les textes d’application nécessaires ».

L’UA propose aussi le renforcement de « l’indépendance de l’organe de gestion des élections en conformité avec les dispositions de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, en particulier le mode de désignation de ses membres ». Nommés par le président de la République, la plupart d’entre eux ont toujours été soupçonnés à défaut d’appartenir au parti au pouvoir, d’avoir une proximité avec le camp présidentiel.

La loi portant Code électoral en vigueur en ce moment a été adoptée le 19 avril 2012. Commentant en son temps ce texte, Maurice Kamto avait salué l’avènement d’un corpus unique des règles régissant les questions électorales au Cameroun. Sans pour autant occulter ses faiblesses.