Politique

Reconstruction de la zone anglophone du le chantier entre prises et emprises diplomatiques

Reconstruction de la zone anglophone du le chantier entre prises et emprises diplomatiques

Avant que les travaux ne soient lancés, il règne déjà une tension sourde au milieu de quelques «maçons pressentis».

En matière de diplomatie, chacun son style. Et son degré de subtilité. Là ou Tokyo décide d’octroyer une enveloppe d’environ 1,5 milliard FCFA pour accompagner les efforts de l’Etat du Cameroun dans le chantier de reconstruction des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NO/SO), Paris choisit d’envoyer, en éclaireur, son ambassadeur à Yaoundé. «Porteur d’un message du président Emmanuel Macron», Christophe Guilhou, a été reçu au Palais de l’Unité, le 22 février 2021. Selon le site de la présidence de la République du Cameroun, l’hôte de Paul Biya y a passé deux heures.

Officiellement, le plénipotentiaire français n’a rien déclaré. Dans l’absolu, cette posture ne traduit pourtant pas systématiquement l’absence dé sujet. Au contraire. Selon des sources diplomatiques de première main, Christophe Guilhou a programmé son tête-à-tête avec le dirigeant camerounais «sous la contrainte des calculs de Paris par rapport à la reconstruction du NO/SO». «La franco tremble ou s’indigne du penchant de Yaoundé à démarrer le chantier sans que la paix soit totalement revenue dans ces régions», souffle un connaisseur du dossier.

Pour comprendre…

Mise en regard, cette affirmation remet au goût du jour la déclaration de l’ambassadeur de France au Cameroun sur le plateau du magazine «Actualités, Hebdo» sur l’antenne télé de la CRTV, le 19 Avril 2020 «Avant de commencer la reconstruction, il va falloir que la région soit pacifiée. Il va falloir que vous aboutissiez à un accord de paix entre les bandes armées et le gouvernement», avait émis Christophe Guilhou. Au cours de la même émission, ce dernier avait confié avoir eu «un long entretien avec le Premier ministre».

«Et au prisme de l’enchaînement des faits, il s’avère bien que le Noso est toujours en guerre. Paris qui a gardé ouverts ses réseaux d’information sur le déroulé du Programme présidentiel de reconstruction et de développement des régions du Nord-Ouest et au Sud-Ouest (PPRD/NOSO) essaie de -‘Comprendre pourquoi, malgré la situation sécuritaire tÿs précaire, quelques prestataires sont sortis des starting-block», renseigne une autre source.