Politique

Pourquoi le Grand Nord nourrit tant d'appétit

Pourquoi le Grand Nord nourrit tant d'appétit

C’est la localité la plus peuplée du Cameroun, mais aussi la plus pauvre et la moins scolarisée qui constitue le principal vivier électoral.

Il est difficile de conquérir le pouvoir au Cameroun en se mettant à dos, les trois régions du septentrion que sont le Nord, l’Extrême-Nord et l’Adamaoua. A elles seules, ces trois régions totalisaient un peu plus de 6 millions d’habitants sur les quelqqes 20 millions que comptait ‘ le Cameroun en 2010. Lors de la présidentielle du 9 octobre 2011, on dénombrait 1,9 million de personnes inscrites sur la liste électorale. Résultats : 1,6 million d’électeurs ont voté pour Paul Biya sur les 4,8 millions de suffrages recueillis, sur l’ensemble du territoire.

Resté fidèle au parti au pouvoir et ses alliés depuis plusieurs décennies, le Septentrion n’a jamais été récompensé à la hauteur de ce qu’il donne au parti au pouvoir. Les trois régions sont restées pauvres dans l’ensemble et très enclavées. S’appuyant sur les promesses non tenues du parti au pouvoir, les autres formations politiques et les mouvements de la société civile, tentent à leur tour de conquérir les populations de ces régions qui constituent le principal vivier électoral du Cameroun. La nouvelle élite politique sait d’ailleurs qu’elle peut davantage surfer sur les aspirations des populations à l’autonomie de leur collectivité, soutient Aurelien Fandono, analyste politique.

Pour le politologue Louison Essomba, « le Grand Nord représente la masse électorale prépondérante du Cameroun. C’est ce qui peut justifier cet acharnement de tous tes leaders politiques vers te Grand-Nord, parce que c’est d’abord un bastion politique très compliqué en termes de présence de multiples partis politiques. Mais la lecture profonde que l’on puisse faire, c’est d’abord en termes d’électorat. Le Grand Nord représente la moitié des électeurs du Cameroun, donc tous les leaders politiques tentent d’aller conquérir du terrain de ce coté, question de s’assurer un électorat massif», affirme-t-il.