Politique

Pacification du NOSO : un émissaire du pape en route pour Bamenda

Pacification du NOSO : un émissaire du pape en route pour Bamenda

Le secrétaire d’Etat du Vatican sera au Cameroun du 30 au 31 janvier prochain. Outre la remise du pallium à Mgr Andrew Nkea Fuanya, archevêque de la province ecclésiastique de Bamenda depuis 2019, l’agenda de Pietro Parolin comporte également des rencontres de médiation entre les différentes parties du conflit qui meurtrit les fidèles de ce diocèse depuis quatre ans.

Dans le communiqué rendu public le 13 janvier dernier, l’archevêque métropolitain de Bamenda confirme ce qui était jusque-là une simple rumeur. Le cardinal Pietro Parolin, l’envoyé su saint siège,’ séjournera deux jours durant dans la capitale provinciale du Nord-ouest. Le but de ce déplacement est la remise du pallium à Mgr Andrew Nkea Fuanya, nommé archevêque de la circonscription ecclésiale il y’a deux ans par le très saint père. Dans les usqges canoniques, cet ornement liturgique catholique est réservé au pape et aux archevêques métropolitains. « C ‘est le symbole même de l’autorité pastorale des archevêques et du pape », explique un spécialiste du droit canon.

Depuis cette annonce, les fuites en provenance des salons feutrés laissent croire que la visite de l’émissaire du pape François marque le début d’une implication politique du Vatican dans la recherche des voies de sortie de la crise en zone anglophone. Surtout que la mission de bons offices de Mgr Pietro Parolin, s’inscrit dans la continuité du message pontifical de Noël 2020 où le pape invitait une fois de plus « les autorités politiques du Cameroun, à poursuivre le chemin de fraternité et de dialogue entrepris ».

Une démarche soutenue par le Vatican dont la visite de l’envoyé s’inscrit dans la logique d’une plus grande présence pastorale en zone de conflit. D’autant qu’il se susurre que l’émissaire du pape est porteur d’un message de réconfort à l’endroit de ces fidèles empêtrés dans une crise sécuritaire qui commence à exaspérer. L’homme de Dieu devra par la suite rencontrer les responsables politiques de Yaoundé mais aussi certains leaders sécessionnistes qui entretiennent les tueries.

Au sein de l’église catholique romaine, la thèse d’une médiation vaticane prospère. C’est pourquoi on pense ferme qu’il est question d’une invite du pasteur à ses ouailles à cultiver l’amour du prochain comme le stipulent les saintes écritures, d’un appel du berger à ses brebis égarées de rallier le troupeau, d’expier le péché, de se reconvertir afin de naître de nouveau dans un Cameroun paisible, uni et fiers de sa diversité.

D’où ce souhait Ludovic Lado, un prêtre jésuite s’étant prononcé sur le sujet : « Pourquoi le pape François envoie son secrétaire d’Etat au Cameroun fin janvier ? ce n ‘est certainement pas pour remettre un pallium à un archevêque dans une contrée meurtrie. Vivement qu’il soit messager et ami de la paix au 23 7 ! vivement aussi qu’il trouve sur son chemin des amis de la paix ». C’est dire combien le vœu d’un retour sans condition de la paix au NOSO hante les prières du corps ecclésial. Cette initiative du pape devient ainsi porteuse d’espoir et évidemment de salut.