Politique

Missole : Ngoh Ngoh et Eyebe Ayissi troublent l'ordre public

Missole : Ngoh Ngoh et Eyebe Ayissi troublent l'ordre public

A l’origine, des titres fonciers du domaine de Missolè I, frauduleusement établis au profit de la collectivité de Nkondjock, au mépris de la loi en vigueur en matière domaniale. Des mouvements d’humeur en perspective.

Les populations de Missole, petite localité située dans le département de la Sanaga Maritime, région du Littoral, sont sur le pied de guerre. Ulcérés par une affaire foncière impliquant des pontes du régime, ces hommes et femmes qui n’ont pas fini de tirer le diable par la queue à cause de l’enclavement de la zone, consécutive au manque de routes et surtout d’industries, viennent de saisir le tribunal pour arbitrage. Non contentes de cette situation qui dure depuis cinq ans, ces populations envisagent même des mouvements d’humeur si justice n’était rendue au terme de la procédure.

Pour cerner les contours de cette ambiance explosive qui prévaut dans ce village, il faut aller aux origines de l’affaire qui remonte au 06 octobre 2016, lorsqu’ayant constaté la nullité d’ordre public des titres fonciers N°4432, 4462, 4464, 4472, 4603, 4605, 4610/Sanaga Maritime, établis au profit de la collectivité Nkondjock représentée par Joseph Kadjo et consorts, Jacqueline Koung à Bissiké, ministre des Domaines à l’époque des faits, instruit par voie de correspondance, le délégué départemental des domaines, du cadastre et des affaires foncières, de « procéder aux inscriptions d’usage dans le livre foncier du ressort, et poursuivre la procédure d’immatriculation de parcelles d’une contenance superficielle de 100 hectares sur le site concerné, au profit de la collectivité du bloc pont sur la Dibamba du village Missole I, représentée par monsieur Ekoule Jean Bosco et consorts… »

Soutiens à la présidence de la République

La Mindcaf va motiver cette décision par un arrêté signé ce même 06 octobre et dans lequel elle relève outre des irrégularités ayant entaché la procédure d’établissement desdits titres fonciers, l’incompétence du chef et des notables du village Nkondjock, pour intervenir dans les procédures foncières relevant du village Missole I mais aussi le caractère frauduleux de ladite procédure symbolisé par l’absence de descente sur le terrain de la commission consultative de ressort.

Suffisant pour décider de ce que ces parcelles objets desdits titres fonciers réintègrent le domaine national. Désavoué par l’autorité compétente, le sieur Kadjo dont on dit par ailleurs avoir usurpé le titre de chef traditionnel de 3e degré, va introduire une requête aux fins de réhabilitation desdits titres fonciers et du retrait du titre foncier N0 5394/SM.

Le Messager a appris que l’homme a saisi ses soutiens à la présidence de la République pour faire pression sur le ministre des Domaines et avoir finalement gain de cause. De sources dignes de foi rapportent que celui qu’on présente comme un repris de justice a réussi à retourner la veste à plusieurs autorités à coût de prébendes et voyages d’affaires en Europe aux fins de servir de caution morale auprès des investisseurs qui sont ses partenaires d’affaires dans l’ombre.

Filouterie foncière

A preuve, le 07 décembre de la même année, c’est Ferdinand Ngoh Ngoh alors secrétaire général de la présidence de la République qui, interpellé pour arbitrer cette situation foncière, réponds à Koung à Bessiké en lui répercutant les hautes directives du Chef de l’Etat, lui « prescrivant de poursuivre le rétablissement de la légalité dans cette affaire».

S’en suit une série de correspondances à n’en plus finir. Joseph Kadjo dont la réputation en matière de filouterie foncière et autres arnaques du même genre, n’est plus à démontrer, ne lâche pas du lest. Après le départ du gouvernement de l’ex Mindcaf le 04 janvier 2019, l’homme continue de faire feu de tout bois pour obtenir gain de cause.

Le 28 décembre 2020, c’est Henri Eyebe Ayissi, le nouveau Mindcaf qui décide de ressusciter le dossier en adressant cette fois, une correspondance à Jean Bosco Ekoule et consorts S/C du sous-préfet de l’arrondissement de la Dibamba LogBadjeck.

Le courrier de l’ancien ministre de l’Agriculture et du développement rural informe les destinataires de ce qu’il a «procédé d’une part à la réhabilitation des titres fonciers 4515, 4431, 4459 et 4463, 4432, 4462, 4464, 4472, 4603, 4605, 4610, 3961, 3962, 3979, 3980, 3981, 4381, 4452, 4453, 4454, 4455, 4456, 4457, 4458, 4459, 4460, 4470, 4471, 4601, 4602, 4604, 4606, 4607, 4608/ Sanaga Maritime et d’autre part, prononcé le constat de nullité d’ordre public des titres fonciers N° 5374, 5375, 5376…5388 ainsi que du titre foncier N° 5394/ Sanaga Maritime, établis au profit de la collectivité Dibamba Pont représentée par monsieur Ekoule Jean Bosco et consorts (…) ».

En bon légaliste, Eyebe Ayissi convoque à son tour l’article 2 du Décret N° 76/165 du 27 avril 1976, modifié et complété par le décret N° 2005/481 du 16 décembre 2005, clairement mentionné dans un arrêté signé le même 28 décembre.

Entorse à la loi en vigueur

De quoi rebeller les populations qui y voient l’escroquerie foncière du siècle. «C’est inadmissible et inconcevable ! Le motif essentiel des recours est qu’on ne peut pas octroyer des titres fonciers aux ressortissants d’un village qui occupent paisiblement leur site. Cette incongruité est source de trouble à l’ordre public », tempête un riverain qui annonce avoir mis sur pied un collectif de contestation pour faire bloc contre la décision du Mindcaf que beaucoup trouvent partisane et non avenue.

Le sieur Kadjo profère des menaces de toutes sortes à quiconque se mettrait en travers de son chemin. Ses potentielles victimes, confient-elles, se recrutent parmi les populations de Missolè I et même quelques rares autorités administratives, restées fidèles à la loi en vigueur en matière domaniale. Aux dernières nouvelles, malgré l’entorse aux textes devant le réduire au silence, le récidiviste continue d’agiter le spectre de la menace. Affaire à suivre !