Politique

Mgr Kleda : "le gouvernement ne m'a rien donné"

Mgr Kleda :

En exclusivité, l’archevêque de Douala s’exprime sur le comportement de sa médication contre le Covid-19. Il évoque également l’apport promis par les autorités pour l’aider à guérir les malades, dont environ 20.000 ont aujourd’hui recouvré la santé.

Comment se comporte votre produit auprès du public, que ce soit au Cameroun ou à l’étranger ?

Aujourd’hui, tous ceux qui ont pris connaissance de ce produit le prennent. Et tous ceux qui le prennent, après avoir été infectés du coronavirus, sont guéris. Nous avons déjà soigné environ 20.000 personnes infectées. Le produit a d’abord été distribué au Cameroun mais également beaucoup vers l’extérieur. Il est aujourd’hui très usité. Les personnes qui en ont connaissance le prennent et se soignent. Surtout que c’est un produit qui ne présente aucun effet secondaire.

À ce jour, et depuis l’existence du produit, quel type d’assistance avez-vous reçu des autorités camerounaises ou des particuliers ?

Je n’ai pas reçu d’assistance de la part de nos autorités. Il y a des structures qui m’ont aidé, comme vous le savez. Vision 4 a apporté son aidé ainsi que des hommes d’affaires et tout ce que les chrétiens ont donné par charité, a été investi dans la production du produit. C’est avec cela que je travaille. Mais aucune aide de la part des autorités camerounaises.

Trouvez-vous cela normal ?

Jugez vous-même! Je n’ai pas à juger.

À quels types de difficultés êtes-vous confronté aujourd’hui ?

La difficulté aujourd’hui est plutôt d’ordre logistique. Parce que jusqu’à ce jour, les autorités camerounaises n’ont jamais reconnu officiellement l’efficacité du produit. D’ailleurs, elles n’en parlent même pas. Que se passe t-il ? Les centres choisis pour accueillir les malades n’ont pas reçu d’autorisation officielle du gouvernement pour distribuer le produit aux personnes infectées. Ce sont les familles qui font tous les efforts pour acquérir le produit et pouvoir soigner leurs malades. Avec pour conséquence regrettable de voir des décès dus au virus parce qu’on le leur refuse. Il y a même des hôpitaux publics qui vont jusqu’à refuser d’administrer le produit aux malades, lorsqu’ils y sont hospitalisés. S’il y a des morts, c’est dû à cela.

Or, je pensais que l’Etat devait prendre le relai pour » dire : voilà, nous avons un produit et nous devons tout faire, pour que les Camerounais infectés soient pris en charge et reçoivent le produit! Pourtant, cela ne se fait pas. Voilà pourquoi nous enregistrons encore des morts.

C’est uniquement nos structures catholiques, les formations sanitaires catholiques, qui mettent le produit à la disposition des malades. Nous n’avons pas la possibilité de mettre le produit à la disposition de tous et dans tous les villages du Cameroun, en dehors des structures catholiques dans lesquelles il faut se déplacer pour aller chercher le produit soi-même. C’est un problème.

Avec la résurgence du virus aujourd’hui, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait déclaré que les pays riches devaient mettra ‘9 vaccin à la disposition des pays les plus pauvres. Quel est votre avis?

Dart l’histoire de la médecine, les traitements préventifs ont pu vaincre une maladie. Le vaccin peut exister. Très bien, on vaccine! Mais il y a également le traitement curatif de la maladie, que l’on doit utiliser. Maintenant, on va jusqu’à dire aux personnes infectées qu’il n’y a pas de traitement, quitte à les conduire à la mort. Ceux qui sont infectés doivent donc mourir?

Parce qu’on ne doit pas entendre qu’il y a un traitement contre le coronavirus. Voilà la politique aujourd’hui. Or, pour une pathologie, il peut y avoir le vaccin et le traitement curatif. Les deux ne s’opposent pourtant pas et peuvent même, ensemble, permettre de prendre en charge les malades. Je ne sais pas quelle est cette politique aujourd’hui. Nous sommes au XXIème siècle et on dit qu’il n’y a que le vaccin que l’on doive utiliser.

Je me demande alors, pourquoi une telle prise de position. Que veut-on faire? Est-ce qu’on veut réellement soigner les gens pour qu’ils ne meurent pas ou bien on veut faire le vaccin parce qu’il y a un but à atteindre?

Vous avez déclaré quelque part que le produit était gratuit. Pouvez-vous nous confirmer ces dires ? Parce que celui-ci fait également l’objet de spéculation sur le marché noir, où il est parfois revéndu jusqu’à 25.000 Fcfa…

Le produit est gratuit. Lorsque j’ai commencé pendant la première vague, je n’ai pas reçu 5 francs, de personne, mais le produit a été largement distribué jusqu’à l’extérieur.

Lorsque vous me posiez, tout à l’heure, la question du financement, justement, avec cette deuxième- vague, l’argent que j’avais d’abord à dispositif  » pour la charité, s’épuise. Pourtant, je dois continuer d’aider les gens.

Ainii, ceux qui veulent désormais avoir le produit pour l’extérieur doivent apporter une contribution afin que je puisse continuer la production du traitement contre le coronavirus. C’est tout à fait normal. Il y a même parfois des gens qui veulent se prémunir. Ils veulent le produit par mesure de précaution, pour se protéger, avant d’être infectés. Or, s’ils ne sont pas malades, ils doivent payer. J’aimerai que le produit soit dans toutes les maisons, mais est-ce possible?

Nous sommes 25 millions de Camerounais. Ce n’est pas possible. De même pour ceux qui se présentent avec un document attestant qu’ils sont infectés, nous ne pouvons en être réellement sûrs. Dans nos formations sanitaires catholiques, nous sommes d’abord obligés de refaire l’analyse nous-mêmes afin de nous en assurer et de pouvoir administrer le p; luit gratuitement. Ce que nous faisons systématiquement.

Entretien avec Michel Michaut Moussala et Nadège Missoup