Politique

L'après présidentielle 2018 : Akere Muna toujours influent

L'après présidentielle 2018 : Akere Muna toujours influent

Alors qu’on lui annonçait des lendemains qui déchantent après la présidentielle 2018, l’ancien bâtonnier a plutôt repris du poil de la bête. Et ses convictions n’ont pas bougé d’un iota.

Généralement très calme, la résidence d’Akere Muna s’anime ce 18 août 2020. Amis, frères, collaborateurs se sont donné rendez-vous à Bastos, pour l’anniversaire de l’ancien bâtonnier. De nombreux avocats, pour la plupart installés à Buea et à Bamenda, dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud Ouest (Noso), qui vivent une grande crise sécuritaire. ont aussi fait le déplacement de Yaoundé. Ils continuent de voir Akere Muna comme une solution pour la résolution de cette crise qui secoue le Noso.

Et pourtant, cet avocat racé d’extraction distingué a fait jaser dans les chaumières quand il a choisi en 2018 de donner une véritable chance au peuple, en s’alignant derrière la candidature de Maurice Kamto. Beaucoup de ses soutiens n’orit pas compris ce choix, que certains n’ont pas lardé à présenter comme l’acte héroïque de l’année et d’autres de critiquer. La chronique populaire annonçait même des lendemains qui déchantent au fils de Solomon Tandem Muna. Et surtout une mort politique programmée.

Roui ne rien arranger, ses adversaires les plus acerbes moquaient sa dernière place, car Elecarn, l’organe chargé d’organiser les consultations électorales, a catégoriquement refusé de soustraire les bulletins de votes d’Akere Muna dans les bureaux de vote. Conséquence : bien qu’il ne soit pas allé jusqu’au bout, Elecam a compté les votes en faveur de l’avocat, qui bien évidement ne pouvaient pas être considérables car beaucoup de ses ouailles ayant voté pour Maurice Kamto selon sa propre consigne de vote. Pour finir, des indiscrétions annonçaient la fin de son aura internationale.

Mais visiblement, les augures qui prédisaient un avenir sombre à cet anglophone, originaire du Nord-Ouest. n’ont pas vu juste. Après de longs mois de silence, Akere Muna a refait l’actualité en République démocratique du Congo (RDC), le nouvel homme fort de Kinshasa, Félix Tshisekedi, a fait appel à son expertise en matière de lutte contre la corruption. Une expertise avérée pour celui qui a passé de longues années au poste de vice-président de l’ONG Transparency International. D’ailleurs, il n’y a pas que Tshisekedi qui a besoin des services de l’ancien candidat à la présidentielle de 2018. Il a déjà été reçu par Faure Gnassimbé, le président togolais. Qui est lui aussi décidé à mener une lutte acharnée contre la corruption dans son pays en suivant les conseils d’Akere Muna.

Académie politique

L’avocat n’a donc rien perdu de son aura à l’international. Un atout majeur car son carnet d’adresse à ‘international a toujours été l une de ses armes en politique. Akere Muna peut s’enorgueillir d’avoir garde ses entrées au Quai d’Orsay et au Département d’Etat américain. Il continue d’être fréquentable auprès des anciens chefs d’Etat africain. Le magazine Jeune Afrique révélait d’ailleurs que ce sont ces derniers qui lui auraient demandé, au cours d’une de leur rencontre, ce qu’il attendait pour candidater pour un bail au palais d’Etoudi. Ce qu’il s’était décidé de faire en 2017, quand il avait annoncé sa candidature aux Camerounais.

Akere Muna avait alors pris soin de bien expliquer que cette candidature avait pour principal objectif de ramener la paix au Cameroun en réglant définitivement la crise dans le IMosp. Cet objectif n’a pas changé. Il est toujours d’actualité. Mais pour Akere Muna, le meilleur moyen pour le faire n’est pas la politique politicienne. C’est pour cette raison qu’il n’a pas pris la tête d’un parti politique. Mais plutôt son bâton de pèlerin. L’ancien bâtonnier est de ceux qui sont convaincus que la solution dans le Noso ne peut plus être camerouno-camerounaise. Il priorise un dialogue franc organisé avec un médiateur neutre et crédible. Il n’a donc pas hésité à supporter l’offre de médiation des anciens chefs d’Etat africain. Qui a malheureusement été classée dans les tiroirs.

Akere Muna travaille aussi à la mise en place d’une académie politique, qui doit former la classe dirigeante de demain. Cette académie sera portée par le mouvement NOW, qu’il a créé avant l’élection présidentielle de 2018. C’est tout ça qu’il a tenu à partager avec ses avocats anglophones qui lui rendaient visite” le 18 août dernier.