Politique

La Cour d'appel du Centre rejette la demande de remise en liberté de Bibou Nissack et Alain Fogue

La Cour d'appel du Centre rejette la demande de remise en liberté de Bibou Nissack et Alain Fogue

La décision du tribunal est intervenue après qu’une première juridiction a rejeté une demande d’habeas corpus.

La cour d’appel du Centre a rejeté, le mardi 12 janvier, la remise en liberté d’Olivier Bibou Nissack (photo), Alain Fogue Tedom et de 20 autres membres du MRC. Les premières personnes citées sont respectivement porte-parole de Maurice Kamto et trésorier national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC).

La décision du tribunal est intervenue après qu’une première juridiction a rejeté une demande d’habeas corpus déposée par les avocats des accusés le 5 novembre 2020.

Ces militants du MRC ont été arrêtés en septembre 2020 alors qu’ils exerçaient leur droit à la liberté de réunion, ils sont depuis en détention. Nissack et Fogue sont visés par des accusations politiquement motivées, notamment tentative de révolution, rébellion et attroupement aggravé.

Ils ont d’abord été placés en garde à vue pendant plus d’un mois au Secrétariat d’État à la Défense (SED), à Yaoundé. Puis transférés à la prison centrale de la capitale le 3 novembre pour une détention provisoire de six mois. Au SED, ils ont été placés en isolement, privés de tout matériel de lecture et souvent d’accès à leurs avocats.

Nissack et Fogue ont été arrêtés lors des manifestations pacifiques organisées par le MRC le 22 septembre à travers le Cameroun. Ce jour, plus de 500 personnes, principalement des membres et des partisans du MRC, avaient été interpelés.

Répressions brutales

De nombreux manifestants pacifiques ont été bastonnés lors de leur arrestation et pendant leur détention : « La police m’a passé à tabac à coups de matraque », a déclaré à Human Rights Watch un membre du MRC âgé de 39 ans arrêté à Douala : « J’ai passé neuf jours à la prison de la police judiciaire, dormant par terre et sans pouvoir consulter mes avocats. »

Parmi les personnes arrêtées, au moins 136 sont toujours en détention. Une vingtaine ont été reconnues coupables et condamnées à des peines de prison par des tribunaux civils, selon les avocats du MRC.

« Dans le système de justice pénale camerounais, les demandes d’habeas corpus semblent avoir perdu leur valeur car des personnes présumées innocentes sont systématiquement privées de leur liberté », a noté Menkem Sother, avocat de Nissack.