Politique

Jean Pierre Bekolo : « il y a de l'espoir dans le cinéma d'expression anglaise »

Jean Pierre Bekolo : « il y a de l'espoir dans le cinéma d'expression anglaise »

Cinéaste camerounais, il estime par ailleurs que les jeunes du 237 doivent faire des films sur l’avenir du monde.

Jean Pierre Bekolo a présidé le jury de la 7ème édition du festival Yahra. Le spécialiste a relevé la différence entre le cinéma camerounais et ceux produits ailleurs. « En tant qu’expert international, la sélection des premiers films était très inégale. C’est-à-dire qu’on voyait bien qu’il y avait des films d’une qualité technique très élevée et des films d’une qualité un peu moins élevée. Donc le fait de l’inégalité montre qu’on aurait peut-être dû avoir une assiette plus large de films. Quand on a beaucoup de films, on a plus de choix. Sur les critères, quand on met les films camerounais à côté des films étrangers, on voit bien une différence », mentionne-t-il.

Les raisons sont pourtant là.  Cela est tout simplement dû explique le cinéaste au fait que notre définition du cinéma au Cameroun n’est pas celle des autres. « Pour nous, téléfilms c’est cinéma. Même la série télé et web série c’est du cinéma. Donc en fait, il faut bien savoir ce que nous disons, parce que les autres envoient leurs films. Ils n’envoient pas les téléfilms ou les web séries. Nous n’avons pas clairement défini à la base ce qu’est le cinéma », ajoute-t-il.

TV5 Monde

Pour lui, l’inégalité dans le cinéma camerounais vient de là. « Finalement en tant que jury, on s’est dit que si on s’en tenait à cette définition, on pouvait se retrouver sans films camerounais. Il fallait donc avoir des critères qui vont permettre d’avoir des films nationaux et internationaux. Le cinéma devrait nous permettre d’imaginer le nouveau monde. Et le nouveau monde, c’est être en rupture avec l’ancien. Et c’est la Covid-19 aussi »

« Pour faire un commentaire entre les anglophones et les francophones, je trouvais que les francophones ont TV5 Monde et Canal+. Les anglophones quant à eux n’ont que leur argent. Pour moi, c’est là que réside un espoir du cinéma camerounais. C’est quelque chose à primer. Malheureusement il y avait un film qui n’était pas en compétition, mais ce film m’a ému. C’est un film de filles qui voulaient jouer, qui sont allées trouver leur propre argent, sont allées donner à quelqu’un pour faire le film. Ce film s’appelle « Sin », il a été réalisé par Simon-William Kum il n’était pas en compétition », conclut-il.