Politique

Jean De Dieu Momo: «le pouvoir et l'exercice du pouvoir doivent être maniés dans l'intérêt général et l'intérêt du pays»

Jean De Dieu Momo: «le pouvoir et l'exercice du pouvoir doivent être maniés dans l'intérêt général et l'intérêt du pays»

Le ministre délégué auprès du ministre de la Justice Jean De Dieu Momo parlant de la notion du pouvoir affirme qu’un pays n’est pas géré selon des humeurs.

En parlant du testament que le président Paul Biya va laisser à ses successeurs, le ministre délégué auprès du ministre de la Justice Jean De Dieu Momo a ouvert une brèche dans sa publication pour interroger la notion du pouvoir. Premièrement, il fait remarquer qu’on ne gouverne pas en fonction d’humeur. On gouverne en tenant compte de l’intérêt général et de celui du pays tout entier.

Démontrant que le Chef de l’Etat est un mendiant de la paix, il fait remarquer que même en ayant la possibilité de punir certains de ses compatriotes, il ne l’a pas fait. Car dans la notion de pouvoir, il faut taire sa colère avant de prendre une décision.

Retrouvez ci-dessous la suite de sa tribune parlant du testament du président Paul Biya.

Et c’est le lieu ici d’interroger la notion du pouvoir. On ne gouverne pas suivant ses humeurs. Le pouvoir et l’exercice du pouvoir doivent être maniés dans l’intérêt général et l’intérêt du pays. Il faut apprendre à taire sa colère avant de prendre une décision. Et c’est là toute la contradiction du pouvoir: alors qu’on a le pouvoir de punir, il faut encore examiner quel profit tirer d’une telle punition. Est-ce uniquement pour la satisfaction de ses pulsions personnelles? Il faut s’en abstenir. Punir par vengeance est prohibé.

Avoir le pouvoir et ne pouvoir punir peut être frustrant, mais il faut accepter de boire le pus dans l’intérêt général. Il faut s’élever au-dessus de sa colère et de sa frustration humaine compréhensible. En fait, on souffre à avoir le pouvoir car un usage violent du pouvoir vous conduit à la dictature voire à la criminalité. Or l’exercice du pouvoir doit être de respecter en premier la règle. C’est la loi qui détermine nos actions et non nos pulsions personnelles ni notre penchant à vouloir nous servir du pouvoir pour nous venger de la brûlure d’une injure. Avoir le pouvoir, c’est réussir à ne pas l’utiliser à des fins personnelles. C’est aussi souffrir de l’opprobre sans avoir envie de l’utiliser pour châtier. Le pouvoir et l’exercice du pouvoir peuvent nous rendre inhumains et en cela le pouvoir est dangereux car il peut nous transformer en monstre. C’est un exercice éprouvant que celui du pouvoir quand on veut construire face au brouhaha intempestif de certains intellectuels formatés pour servir les intérêts contraires à ceux du pays. Il faut s’élever au-dessus de toute autre considération qui ne soit pas dans l’intérêt du peuple et du pays. Quitte à être soit même frustré.

Tel est, me semble-t-il, le message profond contenu dans le testament du président paul Biya.