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Institutions politiques : voici pourquoi le RDPC règne sans partage

Institutions politiques : voici pourquoi le RDPC règne sans partage

Le parti présidentiel règne sans partage d’autant plus qu’en face, l’opposition brille par une faible implantation…

Au terme des premières élections régionales de l’histoire du Cameroun tenues les 6 décembre 2020, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) s’est approprié 9 régions sur dix. Ne laissant que l’Adamaoua à l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP).

Déjà à l’issue des élections municipales du 9 février, le parti au pouvoir s’est adjugé une écrasante majorité de conseillers municipaux. Consacrant ainsi sa suprématie dans 316 sur les 360 communes que compte le pays. Il gère aussi 13 des 14 plus grandes villes.

De même, le RDPC prenait le contrôle de l’Assemblée nationale avec 152 députés sur 180. Avant, le parti né des cendres du parti unique (UNC) le 24 mars 1985 à Bamenda a raflé 87 sénateurs sur 100 à la Chambre haute du Parlement.

Comme pour dire que la formation politique présidée par Paul Biya contrôle sans partage toutes les institutions politiques du Cameroun. Une domination qui ne date pas d’aujourd’hui. La dernière fois que le contrôle des institutions a échappé au RDPC remonte à 1992. Cette année-là, il ne remporte que 88 députés sur 180, et se voit obligé de former une coalition avec des partis d’opposition pour maintenir la Chambre basse du Parlement dans son giron.

L’antériorité historique du RDPC

Selon Moussa Njoya, politologue, cette domination s’explique avant tout par «l’antériorité historique du RDPC qui, pendant longtemps, a été parti unique et a ainsi pu travailler son implantation sur l’ensemble du territoire national».

En outre, soutient-il, «le RDPC a, quoi qu’on dise, pu s’adapter au retour du multipartisme dans notre pays en retravaillant son sommier politique, en retravaillant la stratégie de recrutement de ses militants et de ses responsables, et en procédant à un important renouvellement de ses organes de base en 1996, 2002 et 2007 qui ont permis chaque fois à ce parti d’avoir un nouveau souffle».

Le parti présidentiel règne sans partage d’autant plus qu’en face, l’opposition brille par une faible implantation. Aussi, le confinement de la vingtaine de partis politiques vraiment actifs dans leurs fiefs ou tout au plus dans quelques grands centres urbains.

En plus d’être l’unique formation politique pouvant présenter des candidats partout, le RDPC se retrouve très souvent seul candidat en lice dans de très nombreuses de circonscriptions. Comme aux régionales où il n’avait pas de concurrent dans 34 départements sur 58.

Outre leur faible implantation, Moussa Njoya note le déficit de structuration interne des partis d’opposition :« En dehors du président et du secrétaire général, c’est le vide. Ce qu’on appelle la dialectique du noyau dur et de la case vide. En outre, la plupart des partis politiques disposent de peu de ressources humaines et surtout matérielles pour pouvoir faire face au RDPC qui dispose d’énormes ressources officielles et officieuses. Il a au moins un milliard de financement par an à côté des contributions des élites de tous les coins à chaque événement », note le politologue.