Politique

Franck Biya, n'approuve pas, mais ne désavoue pas non plus l'idée de succéder à son père

Franck Biya, n'approuve pas, mais ne désavoue pas non plus l'idée de succéder à son père

Gros plan sur un homme de 49 ans qui est longtemps resté à l’ombre du président de la République du Cameroun.

Depuis quelques mois, un mouvement « franckistes » a vu le jour, notamment avec une campagne sur les réseaux sociaux. Plusieurs observateurs se posent les questions pourquoi c’est seulement maintenant qu’un tel mouvement voit le jour. Notamment,  à quatre ans le d’élection présidentielle de 2025.  Qui finance l’initiative ? Difficile pour le moment de répondre à cette question.

Contacté par nos confrères de Jeune Afrique, le fils du président de la République du Cameroun, ne souhaite pas s’exprimer. « Ne jamais se justifier, s’expliquer, démentir : sans doute tient-il cette réserve de l’éducation parentale, Paul Biya ayant fait de la rareté de sa parole sa marque de fabrique, comme si cette absence calculée était à elle seule un gage d’autorité et de solennité », souligne le journal panafricain.

Marcel Niat

Très prudent, le fils de l’homme du 6 novembre 1982 se garde jusqu’à présent de désavouer ses supporters. Mais il a laissé son entourage faire le boulot à sa place.  « Il ne connaît pas ces gens, jure l’un de ses amis. Ils ont agi de leur propre initiative, il n’a rien à voir avec eux ! » . À Yaoundé, Paul Biya a beau assurer qu’il n’a pas de dauphin et que le Cameroun « n’est pas une monarchie », rien n’y fait : le complotisme entretient le doute.

La loi fondamentale souligne qu’en cas d’empêchement définitif du pouvoir l’intérim est géré par le président du Sénat, ce dernier organise d’ailleurs l’élection à laquelle il n’est pas candidat. Plusieurs camerounais ne croient pas que l’on peut respecter l’ordre constitutionnel. D’autant plus que malgré sa santé chancelante Marcel Niat Njifenji est maintenu à la tête du Sénat. Ce qui jette alors le discrédit sur le processus  constitutionnel de dévolution du pouvoir.

Gré à gré

« Au-delà de la théorie du complot, le doute gagne la classe politique. Ainsi Maurice Kamto, le principal opposant, par ailleurs professeur de droit constitutionnel, prépare ses troupes à s’opposer à une « succession de gré à gré », selon lui en cours. Autant dire que les dénégations de Franck Biya ne suffiront pas à mettre un terme aux conjectures. Certains voient dans l’activisme des « franckistes » un ballon d’essai destiné à tester les réactions de l’opinion à la mise sur orbite du jeune homme. Reste à savoir si l’aîné des fils Biya est intéressé, lui qui a suivi une trajectoire diamétralement opposée à celle des autres « fils de », souligne Jeune Afrique.