Politique

Exploitation forestière : le PM prescrit le grand ménage

Exploitation forestière : le PM prescrit le grand ménage

Le chef du gouvernement vient d’instruire l’approfondissement des réformes dans le sous-secteur des Forêts et de la Faune.

Au cours du Conseil de cabinet du 25 février 2021, les membres du gouvernement se sont penchés, entre autres, sur la question de l’implémentation d’une nouvelle politique de gestion de nos forêts dont la l’exploitation n’a de cesse de faire des gorges chaudes. Le sujet a été abordé sur deux aspects : les réformes engagées et les réformes envisagées.

D’après le communiqué qui a sanctionné la séance de travail, le ministre des Forêts et de la Faune (Minfof), Jules Doret Ndongo, a indiqué que « les réformes déjà engagées portent notamment sur le statut du corps des éco gardes, la restructuration de l’Ecole nationale des Eaux et des Forêts, et la création de l’Office de la Faune. » Les réformes envisagées quant à elles concernent « l’interdiction des exportations de bois sous forme de grumes au 1er janvier 2022, la révision de la loi forestière et le renforce ment des dispositions répressives. »

S’agissant de l’interdiction des exportations de bois sous forme de grumes au 1er janvier 2022, précisons que c’est depuis le 18 septembre 2020 que les ministres en charge de la Cemac en charge de ce domaine ont validé la décision portant interdiction d’exporter le bois sous forme de grumes par tous les pays du Bassin du Congo dès 2022. Cette mesure vise surtout à favoriser la transformation à grande échelle du bois sur place, seul gage d’une plus-value certaine et donc, d’une contribution plus grande de ce sous-secteur dans les budgets des Etats de la sous-région.

Aussi, est-il prévu la mise en place des Zones économiques spéciales (ZES) pour installer les industries de la 1ère, 2è et 3è transformation du bois, à l’instar de la ZES de Nkok, au Gabon. De ce fait, il est envisagé une fiscalité forestière harmonisée. D’où la nécessité d’élaborer des directives en matière de fiscalité forestière que les pays devront incorporer dans leur législation nationale, comme recommandé par les ministres de la Forêt de la Cemac. C’est notamment dans ce sens que le Minfof a annoncé jeudi dernier, la révision de la loi forestière nationale.

Autres réformes

A propos du renforcement des dispositions répressives, il est, entre autres, question de mettre en place des mécanismes rigoureux et efficaces de lutte contre l’exploitation illicite du bois. Ce, afin que les contrevenants et leurs complices ne puissent plus passer entre les mailles du filet. L’on se rappelle que dans un rapport publié en fin d’année dernière par une ONG américaine et une ONG camerounaise, il a, par exemple, été révélé que « le commerce du bois entre le Cameroun et le Vietnam ne contribue guère à améliorer les recettes de l’État camerounais, les transactions financières étant souvent clandestines. Elles se font en espèces et reposent sur des déclarations erronées. Entre 2014 et 2017, les exportateurs du Cameroun ont déclaré plus de 170 milliards de FCFA de moins que les importateurs du Vietnam. »

Par ailleurs, afin d’optimiser le Programme national de développement des plantations forestières, la mise en œuvre des plans d’aménagement des aires protégées ainsi que la lutte contre le braconnage, Jules Doret Ndongo, a requis la réhabilitation du Fonds spécial de développement forestier institué en 1996. Il s’agit d’un compte spécial d’affectation du Trésor public destiné à assurer le financement des opérations d’aménagement, de conservation et de développement durable des ressources forestières.

Le chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, a aussitôt prescrit, l’examen approfondi de ces réformes dans le cadre d’une instance interministérielle.