Politique

Elections régionales : les chefs traditionnels en colère pour la non-prise en charge de leur campagne par l'Etat

Elections régionales : les chefs traditionnels en colère pour la non-prise en charge de leur campagne par l'Etat

Certains chefs traditionnels ne comprennent pas le mutisme des dispositions légales sur le financement de leur campagne.

Alors que la campagne pour les toutes premières élections régionales débute ce samedi 21 novembre 2020, des chefs traditionnels digèrent le mal le fait de ne pas bénéficier du financement public.  « Nous comprenons très mal que nous soyons exclus des financements publics de la campagne électorale. Nous sommes quelque peu dans l’embarras par rapport aux dispositions légales qui sont muettes en ce qui concerne le financement de la campagne électorale des chefs traditionnels », a confié à notre confrère Stopblablacam, Firmin Jean Benoît Etundi Atanga, candidat et chef de 2è degré du groupement Yanda de Yaoundé.

Pour pouvoir donc faire face à cette campagne qui va durer deux semaines, certains chefs traditionnels affirment prendre dans leurs propres économies.

 Nous avons l’avantage de présenter une liste consensuelle qui sera seule en compétition dans notre circonscription. Cela a favorisé la mobilisation de nos modestes moyens pour préparer les descentes sur le terrain afin de rencontrer nos électeurs », déclare Roger Issa Abba, chef traditionnel et candidat dans la région de l’Adamaoua. Certains doivent puiser dans leurs propres économies.

Il y en a qui ne pouvant pas puiser dans leurs économies, font appel aux élites du village. « C’est vrai que nous avons fait appel à nos élites, mais nous avons tenu à maintenir notre indépendance et notre engagement personnel lors de la campagne », confie Gabriel Tsidie, tête de liste du commandement traditionnel du département de la Menoua dans la région de l’Ouest.

Notons que la loi du 19 avril 2012 portant Code électoral n’a effectivement pas prévu la prise en charge par l’Etat du financement de la campagne électorale. Elle se contente, en son article 285, de disposer : « dans le cadre des élections des députés, des sénateurs, des conseillers régionaux ou des conseillers municipaux, les fonds publics destinés au financement des campagnes électorales sont répartis en deux (2) tranches d’égal montant aux partis politiques qui participent à ces élections ».