Politique

Edéa : les habitants veulent en découdre avec les déplacés de la crise anglophone

Edéa : les habitants veulent en découdre avec les déplacés de la crise anglophone

Selon le journal Le Messager, ils annoncent des représailles à la fin du mois de décembre.

Accusés de cultiver des hectares de terres sans autorisation, les déplacés anglophones vivant dans la localité d’Edéa sont inquiets. Nos confrères du journal Le Messager sont allés à leur rencontre. Pour rencontrer les déplacés anglophones, explique le quotidien dans son no 5665, il faut avoir du courage pour se frayer du chemin dans la forêt dense du village Yabi-Mapan.

En cette journée ensoleillée du lundi 9 novembre, nous avons multiplié les efforts pour aller à la rencontre de ces derniers. « Voilà où nous dormons », montre du doigt Enoh F. l’un des déplacés. Il nous présente une cabane faite en bois ne présentant aucun luxe.

Juste le minimum pour s’abriter et vivre en toute simplicité. Les autres membres du groupe sont en brousse au moment de notre arrivée. Enoh nous explique qu’en fait ils sont des exploitants forestiers depuis la région du Sud-Ouest où ils vivaient avant.

« Lors de notre arrivée, Nous avons trouvé des espaces cultivables abandonnés. Les autochtones nous ont donné l’autorisation de les exploiter. Surpris par notre façon de travailler, ils ont commencé à présenter des crises de jalousie. Aujourd’hui nous cultivons de grandes surfaces pour revendre sur le marché de l’ensemble de trois arrondissements. C’est ça qui leur fait mal au point de demander notre départ », tranche Enoh.

Le préfet Cyrille Mbondol

Rencontré dans son bureau à Edéa, le nouveau préfet Cyrille Mbondol affirme qu’il va prendre un peu de temps pour pouvoir rassembler les différentes parties concernées par le problème. Pour lui, il sera difficile de faire partir les déplacés anglophones puisqu’ils ont déjà fui des conflits pour trouver refuges dans ce village.

« Nous avons constaté que ces déplacés qui sont en fait des grands travailleurs sont allés dans les profondeurs du village. Ils exploitent des parcelles qui étaient abandonnées. Des endroits parfois inaccessibles. Leur activité n’empiète pas sur celui des habitants du village qui sont regroupés dans le centre. C’est pour cette raison que malgré les plaintes, nous appliquons la tolérance administrative. Jusqu’à présent nous sommes resté tranquille nous n’avons pas agi », précise Cyrille Mbondol.

Sur place au village, les habitants veulent en découdre avec les déplacés. Ils annoncent des représailles à la fin du mois de décembre. Des menaces que le préfet doit prendre au sérieux, lui qui a la charge au nom de l’Etat de protéger à la fois la liberté et la sécurité de toute personne en période de conflit, selon l’article 9 du pacte international relatif aux droits civils et politiques.