Politique

Drame de Mautu : la Commission des droits de l'Homme demande l'ouverture d'une enquête

Drame de Mautu : la Commission des droits de l'Homme demande l'ouverture d'une enquête

Cette sortie intervient trois jours après celle de la France. Lundi dernier, sa mission diplomatique au Cameroun a demandé l’ouverture d’une enquête sur ce « crime injustifiable ».

La Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés (CNDHL) demande l’ouverture d’une enquête sur la mort présumée de civils, survenue le 10 janvier 2021 à Mautu. C’est une localité située dans l’arrondissement de Muyuka, département du Fako, région anglophone du Sud-Ouest.

« Dès lors que ces allégations font état de civils parmi les victimes, la Commission invite le ministre de la Défense à ouvrir une enquête approfondie qui permettra de déterminer les circonstances dans lesquelles des victimes civiles ont pu être enregistrées lors de cette opération militaire », formule Mouangue Kobila, président par intérim de la CNDHL dans un communiqué publié le jeudi 14 janvier.

Un peu plus tôt dans la journée, le Haut-commissariat du Canada au Cameroun s’est également exprimé sur cette affaire : « Le Canada est vivement préoccupé par la récente recrudescence des violences au Cameroun, autour de Mbengwi, à Matazem et à Mautu, dimanche dernier », a publié cette représentation diplomatique sur son compte Twitter.

Selon le Canada, une enquête « impartiale » est nécessaire pour « faire toute la lumière et traduire les auteurs en justice.»

Ces sorties interviennent trois jours après celle de la France. Lundi dernier, sa mission diplomatique au Cameroun a demandé l’ouverture d’une enquête sur ce « crime injustifiable » qui aurait occasionné la mort de 8 personnes civiles à Mautu.

Le mutisme de Yaoundé

Les autorités camerounaises n’ont pas encore réagi à ces demandes. Cependant, dans la journée du lundi 11 janvier dernier, le ministère de la Défense, à travers son chef de la division de la communication, le capitaine de vaisseau Cyrille Serge Atonfack Guemo, a soutenu que l’attaque menée le 10 janvier par le Bataillon d’infanterie motorisée s’est fait « dans le strict respect des règles d’engagement».

Selon le porte-parole de l’armée, les images des civils tués en circulation sur la Toile et présentées par certains organismes de la société civile auraient été conçues dans les officines occultes des leaders sécessionnistes pour « faire endosser à nos forces de défense, un aveugle massacre perpétré à Mautu ».

Dans la même communication, l’armée informe qu’elle a ouvert une enquête pour « élucider cette entreprise souterraine et faire, le cas échéant, toute la lumière sur le contenu des images macabres en circulation ».