Politique

Crises politiques au « il nous faut des dirigeants légitimes »

Crises politiques au « il nous faut des dirigeants légitimes »

Denis Omgba, homme politique

« L’histoire du Cameroun de la décolonisation en passant par la i période de l’indép e n d a n c e jusqu’aujourd’hui a été marquée par des soubresauts de divisions. C’est la conséquence en premier des colons qui avaient construit la division comme modèle de gouvernance pour arriver à contrôler un territoire qui n’était pas facile à conquérir.

Cette politique de diviser pour régner » a été reprise par les différents régimes qui se sont succédé dans une perspective de consolidation du pouvoir, avec évidement l’effritement qu’on observe aujourd’hui. Les discours officiels sur l’unité nationale ne pouvaient donc pas être sincères. A cela il faut ajouter l’action des acteurs exogènes qui ont toujours continué à tirer les ficelles pour que les divisions persistent.

Les divisions du Cameroun profitent en premier à des acteurs isolés qui tirent des intérêts énormes de cette situation. Il s’agit en premier des forces exogènes ou si vous voulez, des grandes puissances, motivées par les richesses importantes du sol et du sous-sol camerounais. Elles sont prêtes à contrôler l’essentiel des biens du monde. Il y a ensuite certains de nos compatriotes qui pour le pouvoir instrumentalisent les divisions. De toute évidence, ces décisions profitent à ceux qui veulent contrôler les enjeux de richesses et de pouvoir.

La vraie unité ne peut se construire que sur la construction sincère d’un destin commun fondé sur l’état de droit et la justice sociale. Notre pays vit sur une certaine forme d’injustice qui exclut et radicalise beaucoup, les jeunes contre les vieux, les hommes contre les femmes, les riches contre les pauvres, les ethnies contre les ethnies, les régions contre les régions, les gouvernants contre les gouvernés. Il faut véritablement réconcilier tout le monde. Installer une gouvernance inclusive qui construit une véritable République un et indivisible avec une bonne répartition du pouvoir et des richesses.

On est obligé d’espérer qu’une paix durable revienne, qu’un vrai vivre-ensemble soit construit pour le bien de notre pays. D’ailleurs nous n’avons pas le choix. C’est un devoir que tous les citoyens doivent partager. Mais en premier l’Etat et les politiques qui doivent tout faire pour réduire ce qui nous divise et cultiver ce qui nous unit. Ce n’est que si nous sommes solides e1 unis que nous n’offrirons pas des opportunités aux forces internationales de la division pour qu’elles nous détruisent. Pour cela il nous faut des dirigeants légitimes, des hommes d’Etat avec une haute idée du Cameroun. Heureusement il y en a, et des citoyens patriotes, il y en a aussi. Donc l’espoir est permis ».